Dégradation financière de grande ampleur, dette qui explose et suivi défaillant : la Chambre régionale des comptes étrille le pilotage budgétaire de la Gironde qui a abouti à un déficit de 101 millions d'euros en 2025. Le plus vaste département de France garde néanmoins la main sur son budget pour l'instant.
Les magistrats des juridictions choisissent leurs mots avec soin et diplomatie. Aussi faut-il bien mesurer l’ampleur des reproches qui figurent dans le rapport la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine, sur la gestion du Département de la Gironde entre 2019 et 2024 qui sera rendu public ce lundi 15 décembre.
Il y est question, pêle-mêle, de « situation financière inquiétante », de « perte d’autofinancement significative » et d’une « organisation d’engagement et de suivi des dépenses particulièrement défaillante ».
De quoi relativiser fortement le discours de Jean-Luc Gleyze, le président du Département, qui tend à pointer d’abord la responsabilité de l’État dans la situation. Pour rappel, la Gironde a été contrainte d’adopter un plan de baisse drastique de ses dépenses pour résorber un déficit historique de 100 millions d’euros en 2025.
Comment la collectivité girondine en est-elle arrivée là ? Elle « a mené une politique risquée en finançant la progression des dépenses pérennes par des recettes temporairement dynamiques, sans abonder suffisamment les réserves », résume la Chambre régionale des comptes. « Cette dégradation de la situation financière est d’une grande ampleur et place désormais la Gironde dans la position la plus critique des 20 départements de plus d’un million d’habitants. »
Les dépenses structurelles, ce sont notamment les allocations individuelles de solidarité (RSA, PCH et AIS) tandis que les recettes conjoncturelles sont celles perçues sur le marché immobilier, qui est à l’arrêt ou presque depuis 2022. Le résultat en Gironde, c’est un endettement qui a explosé, passant en cinq ans de 640 millions à 1,1 milliard d’euros.
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