Plombé par un déficit de près de 100 millions d’euros, le Département de la Gironde présente un plan de retour à l’équilibre en trois ans. En coupant dans ses dépenses, la collectivité espère éviter la mise sous tutelle par l’État mais elle a déjà, de fait, perdu la main. L’opposition dénonce un « naufrage » budgétaire.Une collectivité locale ne peut pas voter un budget de fonctionnement en déséquilibre. C’est la fameuse règle d’or brandie à tout va par les élus locaux pour attester de leur sérieux budgétaire bien loin des dérapages réguliers du déficit de l’État. Pourtant, c’est bien un budget en déséquilibre de 97,7 millions d’euros, soit un déficit de 5,5 %, qui a été adopté ce lundi 13 octobre par le conseil départemental de la Gironde. Figurant avec l’Hérault parmi les départements les plus en difficulté de France, la collectivité girondine ouvre ainsi un chemin inédit.
Ce saut dans l’inconnu a été balisé ces derniers mois par Jean-Luc Gleyze, le président (PS) de la collectivité, qui s’est entretenu avec les services de l’État, le gouvernement et la Chambre régionale des comptes pour éviter autant que possible la mise sous tutelle de la collectivité. Car le vote de ce déficit entraîne mécaniquement une saisine par le préfet de la Chambre régionale des comptes. Celle-ci dira d’ici un mois si le montant du déficit est correct et proposera des mesures de redressement pour y remédier. Le Département aura ensuite un mois pour voter un nouveau budget intégrant ces mesures. À défaut, il sera mis sous tutelle.
Le Département en « conduite accompagnée »
Pour tenter de garder la main, l’élu socialiste a donc bâti un « plan de retour à l’équilibre permettant de retrouver une épargne brute positive dès 2026 et une épargne nette positive en 2028 ». Pour cela, Jean-Luc Gleyze promet « des décisions difficiles » pour les Girondins comme pour les 7 000 agents du département et de ses satellites. Les baisses de dépenses les plus importantes porteront sur 2026 et toucheront quatre postes budgétaires : les dépenses de solidarité, les charges générales, la masse salariale et les subventions aux associations et aux communes. Après 232 postes en moins en 2025, une nouvelle décrue des effectifs est donc à prévoir l’an prochain, sans chiffrage à ce stade.