Le G7 appelle les États à garder leur sang-froid face à la crise énergétique

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7, le 11 mars 2026.
REUTERS - Gonzalo Fuentes

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7, le 11 mars 2026.
REUTERS - Gonzalo Fuentes
Le format singulier de ce nouveau G7 en disait long sur l’ampleur de la crise géopolitique provoquée par la guerre entre l’Iran et la coalition américano-israélienne. Ce lundi à 13 heures (heure française), la France a présidé une nouvelle réunion du groupe des sept pays ayant les économies les plus avancées du monde.
Dans les participants de cette visioconférence : chefs d’État, mais aussi ministres des Finances et de l’Énergie, ainsi que l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Du jamais vu depuis 50 ans dans cette configuration.
Dans un communiqué de la présidence française, publié au sortir de la réunion vers 16h, ce « G7 Finances-Energie-banques » s’est dit disposé à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer la stabilité du marché de l’énergie, malgré la guerre en Iran.
Les ministres présents à cette réunion ont également réaffirmé leur « ferme engagement en faveur de marchés de l’énergie fonctionnant correctement, stables et transparents ».
Le G7 a par ailleurs appelé « tous les pays à s’abstenir d’imposer des restrictions injustifiées à l’exportation d’hydrocarbures et de produits connexes », soulignant « l’importance d’une action internationale coordonnée » pour atténuer l’impact de la guerre et « de flux commerciaux sûrs et ininterrompus ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

L’Inde a par exemple décidé de mettre en place des taxes sur le gazole et le kérosène destinés à l’exportation « pour assurer une meilleure disponibilité de ces produits pour la consommation intérieure ».
Crucial, ce G7 se tient alors que le détroit d'Ormuz est toujours en quasi-paralysie, un mois après le début du conflit en Iran, dont nul chef d’État n’arrive à voir l’issue pour le moment. Le problème est sévère pour l’économie mondiale car un cinquième de la production de pétrole passe par cette voie maritime stratégique.
Les conséquences sur les marchés de l’or noir sont déjà là, avec des prix du baril qui ont littéralement flambé. Ce lundi matin, le Brent de la mer du Nord a pris 2,51 % à 115,40 dollars, tandis que celui le baril de West Texas Intermediate (américain) progressait de 1,97 % à 101,60 dollars.
En sachant qu’avant la guerre en Iran, le prix du baril tournait autour… des 60 dollars. Certains experts prévoient même un baril à 150 dollars, voire 200 si la guerre se poursuit. Et ce ne serait pas sans conséquence pour l’économie du globe.
Autre effet de cette crise énergétique : des pénuries d’approvisionnement qui commencent à apparaître en Asie, très dépendante du pétrole brut importé des pays du Golfe. Parmi les pays les plus touchés, ou menacés par des pénuries, figurent le Vietnam, la Thaïlande, Singapour, les Philippines ou l’Indonésie.
De son côté, l’Inde subit « la plus grave crise » d’approvisionnement en gaz, selon le New York Times. Quant à la Chine, allié de l’Iran et première acheteuse de son or noir, elle absorbe pour le moment le choc, car elle dispose de grosses réserves stratégiques de pétrole brut. Mais un prolongement du conflit dans le temps inquiète Pékin.
Pendant ce temps-là, les chancelleries cherchent des solutions et surtout appellent à la fin des hostilités. Jeudi et vendredi dernier en région parisienne, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont dans un communiqué commun « réaffirmé la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d’Ormouz ».
De son côté, l’OCDE a relevé, pour les pays du G20, ses prévisions d’inflation de 1,2 point de pourcentage par rapport à ce qui était prévu avant la guerre. Ainsi, le taux d’inflation de ces États pourrait atteindre en moyenne 4 % cette année, avant de ralentir à 2,7 % en 2027… Si le conflit s’arrête.
Selon l’OCDE, dans un scénario d’enlisement, l’inflation américaine pourrait atteindre 4,2 %, celle du Royaume-Uni, 4 %, l’Allemagne 3 % et la France 1,8 %. Une telle situation pourrait amener les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt, avec derrière un effet négatif sur le niveau de la croissance des pays.
Alors que le conflit ne montre pas de signe d’affaiblissement, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi dernier qu’il s’attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans « les deux prochaines semaines ». Et ce, que les États-Unis envoient ou non des troupes au sol.
« Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu’ils ne l’ont été dans l’histoire récente », a-t-il affirmé. Une perspective dont doutent de nombreux experts et observateurs, tant les objectifs de guerre de Donald Trump n’ont pas produit les résultats attendus : le régime dur de Téhéran étant toujours en place, et l’anéantissement du programme nucléaire militaire du pays n’étant pas confirmé, à date.