La ministre des Comptes publics appelle à un compromis parlementaire sur le budget, jugeant la « loi spéciale » envisageable pour assurer la continuité des finances publiques, mais comme un ultime recours aux conséquences économiques lourdes.
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a exhorté dimanche, sur LCI/Le Parisien, à trouver un compromis sur le budget malgré son rejet à l’Assemblée nationale. Elle dit y croire, citant notamment l’adoption de la partie recettes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
« Il n’y a pas d’alternative à un compromis parlementaire et à un vote », a-t-elle insisté, écartant le recours au 49.3 ou aux ordonnances. Le Premier ministre Sébastien Lecornu est « opposé à ces deux solutions », a-t-
elle rappelé. La responsable se dit préoccupée par un risque de « crise financière et économique très grave » en cas de blocage prolongé.
La commission des Finances du Sénat doit entamer lundi l’examen de la partie recettes du budget de l’État. Après le rejet quasi unanime du texte à l’Assemblée, l’hypothèse d’une loi de finances spéciale prend de l’ampleur. Elle est jugée « la plus probable » par le président de la commission des finances de l’Assemblée, Éric Coquerel.
Un « parachute de dernier ressort »
Cette loi spéciale reconduirait le budget 2025, permettant à l’État de continuer à percevoir les impôts et à honorer ses paiements avant une reprise des débats en début d’année. Mais ce mécanisme reste un « parachute de dernier ressort », a averti Amélie de Montchalin. Il servirait à éviter le « défaut » de paiement de l’État et des collectivités, en assurant les salaires des fonctionnaires, les politiques sociales et le service de la dette.
Un tel texte ne signifierait toutefois « pas d’économies, pas d’investissements ». « On se met dans une position où on s’affaiblit nous-mêmes », a alerté la ministre, estimant que brandir aujourd’hui la loi spéciale reviendrait à « acter que l’on ne veut pas faire de compromis ».
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