« Faure est un mec fiable, et il a trouvé en Lecornu un mec fiable » : la surprenante formation d'un tandem du compromis
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Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste.
LTD/ISA HARSIN/SIPA
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Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste.
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Mardi 9 septembre au soir, Olivier Faure participe à une réunion au nouveau QG du Parti socialiste, dans le 10e arrondissement de Paris, lorsqu’il est interrompu par un coup de téléphone. C’est Emmanuel Macron qui l’appelle pour lui annoncer qu’il va nommer Sébastien Lecornu. Le président lui explique pourquoi il lui était impossible, une fois encore, de promouvoir une personnalité de gauche à Matignon.
Le député de Seine-et-Marne ne contre-argumente plus, il prend note. Un simple « OK merci, bonne soirée » conclut cet échange lapidaire. Le premier secrétaire poursuit sa réunion sans laisser paraître la moindre déception sur le fait de voir ce ministre de 39 ans s’installer à la place qu’il aurait tant aimé occuper.
Après tout, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle. Olivier Faure entretenait de très mauvaises relations avec François Bayrou. Les deux hommes ne se sont jamais compris. Le leader MoDem n’avait pas accepté les attaques du socialiste lors de la polémique sur Bétharram ; il privilégiait le dialogue avec François Hollande, de la même génération que lui, court-circuitant la direction du PS.
Auprès de son successeur à Matignon, le premier secrétaire perçoit très vite un tout autre état d’esprit. Il sent Sébastien Lecornu sincère, avec une réelle envie d’aboutir. D’ailleurs, il ne cache pas que si Emmanuel Macron l’avait choisi pour Matignon, il aurait conservé ce proche du chef de l’État aux Armées – comme Jean-Noël Barrot au Quai d’Orsay.
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Si le patron du PS et le nouveau chef du gouvernement se tutoient, ils se connaissaient pourtant assez peu. En mai dernier, Olivier Faure est reçu à l’Hôtel de Brienne par Sébastien Lecornu pour un long tête-à-tête, leur premier. Les deux hommes échangent sur la guerre en Ukraine, mais, inévitablement, la discussion dérive sur la politique française. Le ministre des Armées fait comprendre à son interlocuteur que la méthode de François Bayrou n’est pas sa tasse de thé. Le socialiste découvre un ministre « concerné » qui lui laisse une impression favorable.
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