Carrefour rebat les cartes de son actionnariat avec l’arrivée de la famille Saadé, nouvel actionnaire de référence, alors que le groupe cherche un second souffle boursier et poursuit la rationalisation de ses activités en France et à l’international.Nouveau tournant tricolore pour Carrefour. Le mercredi 12 novembre, Carrefour a annoncé l’entrée de la famille Saadé – propriétaire de l’armateur CMA CGM et du quotidien La Tribune – à hauteur de 4 % de son capital, soit un investissement proche de 400 millions d’euros.
Au conseil d’administration, cette opération se traduit par la cooptation de Carrix, société détenue par la famille Saadé et CMA CGM. Rodolphe Saadé y représentera Carrix en tant qu’administrateur indépendant, en remplacement de la holding Peninsula, détenue par la famille brésilienne Diniz, et ce jusqu’à l’assemblée générale de 2028. Effective au 1er décembre, cette nomination consolide un conseil d’administration déjà composé d’une autre grande famille industrielle française.
Actionnariat tricolore : la famille Saadé rejoint les Moulin-Houzé
L’arrivée des Saadé permet à Carrefour de renforcer son actionnariat en faisant rentrer un autre investisseur français. Jusqu’ici, seules deux dynasties jouaient ce rôle d’investisseurs de long terme : la famille Moulin-Houzé, via la holding Galeries Lafayette (9,46 %), et la famille Diniz, détentrice d’environ 8 % via Peninsula, la holding de l’homme d’affaires brésilien Abilio Diniz, décédé en février 2024.
Pour Antoine Fraysse-Soulier, chef analyste auprès du courtier eToro, Carrefour constitue un investissement intéressant dans un secteur « défensif » : « la grande distribution, à l’instar de la santé ou de l’alimentation, n’est pas le secteur le plus plébiscité par les investisseurs. Mais ce sont des secteurs dits 'défensifs', c’est-à-dire qui résistent mieux en période de turbulences sur les marchés et possèdent une volatilité limitée du cours de l'action. »