Le paradoxe français : des dépenses de retraite élevées, mais un coût maîtrisé en 2050

Il ressort notamment que, dans toute l’OCDE, les femmes perçoivent des pensions « en moyenne nettement plus faibles que les hommes ».
Alexas_Fotos, Pixabay

Il ressort notamment que, dans toute l’OCDE, les femmes perçoivent des pensions « en moyenne nettement plus faibles que les hommes ».
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À chaque pays son système de retraite. Et force est de constater qu’ils n’ont pas tous les mêmes résultats. Pour les lecteurs de La Tribune, voici les 5 données clés issues du rapport « Panorama des pensions 2025 » de l’OCDE, réalisé tous les deux ans et publié ce jeudi.
Ces chiffres mettent en perspective la situation de la France par rapport aux tendances mondiales en matière de financement des retraites, de vieillissement démographique et d’inégalités de genre.
Alors que la moyenne des dépenses publiques de retraite dans l’OCDE s’élève à 8,1 % du PIB, la France se situe dans le peloton de tête des pays qui traitent le mieux leurs retraités (13,4 %). Un niveau toutefois inférieur d’un point à ce qu’il était en 2020, bien qu’il reste plus élevé que ce qu’il était depuis les années 1990.
L’Autriche et le Portugal font aussi bien que l’Hexagone (entre 13 % et 14 %). Seules la Grèce et l’Italie affichent des niveaux supérieurs, dépassant les 16 % du PIB. 25 des 38 pays étudiés se situent sous la moyenne de l’OCDE dont certains – Islande et Irlande – à des niveaux très bas (moins de 3 %).
À l’échelle de l’OCDE, les pensions constituent le premier poste de dépenses sociales, représentant en moyenne 18 % de la totalité des dépenses publiques – 22,9 % actuellement pour la France, en hausse d’un point comparé à l'an 2000.
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Les dépenses publiques de retraite devraient continuer de croître dans la majorité des pays de l’OCDE. Elles passeraient en moyenne de 8,8 % du PIB en 2023-2024 à 10 % en 2050, illustrant la pression financière continue que la démographie exercera sur les budgets des États au cours des prochaines décennies.
Reste qu’un petit paquet de six pays fait figure d’exception, parmi lesquels se trouve la France. Les dépenses de l’Hexagone, de 14,1 % en 2023-2024, sont attendues à 13,7 % d’ici au milieu du siècle. Un repli qui concerne aussi le Danemark, la Lettonie, la Suède, l’Australie et la Finlande.
Cette hausse des dépenses de retraite dans la plupart des pays de l’OCDE résultera pour l’essentiel de l’évolution démographique plus que d’une augmentation des prestations. Le vieillissement de la population va en effet s’accélérer dans nombre de pays d’ici au milieu du siècle. En moyenne, pour 100 personnes de 20 à 64 ans, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus devrait passer de 33 en 2025 à 52 en 2050 (contre 22 en 2000).
Surtout, le taux de dépendance démographique devrait progresser plus rapidement au cours des 25 prochaines années que lors du quart de siècle passé. Selon l’OCDE, il s’agit de l’indicateur démographique le plus couramment utilisé pour l’analyse des systèmes de retraite car « son évolution reflète celle du nombre de bénéficiaires potentiels par rapport au nombre de cotisants potentiels à des âges fixes de départ à la retraite ».
Ce taux devrait gagner entre 10 et 30 points dans la plupart des pays de l’OCDE sur la période 2025-2050, alors qu’il avait été de moins de 20 points entre 2000 et 2025. Pour la France, où il était de 13,6 points entre 2000 et 2025, il diminuera à 12,2 points sur le prochain quart de siècle avant même de descendre à 2,3 points à partir de 2050.
Les femmes dans les pays de l’OCDE perçoivent en moyenne une pension inférieure de 22,8 % à celle des hommes en 2024. Concrètement, pour chaque euro perçu par un homme, une femme ne touche que 77,2 centimes. Cet écart découle principalement des inégalités accumulées sur le marché du travail (salaires, temps partiel, interruptions de carrière).
La France peut mieux faire avec un niveau supérieur à la moyenne (27,2 %), en baisse toutefois de quelque neuf points par rapport à 2007.
Si cet écart est globalement moins élevé que dans le passé – il était de 28,3 % en moyenne en 2007 dans l’OCDE – la baisse se révèle très progressive. L’institution internationale se veut optimiste, estimant que « cette tendance au resserrement devrait se poursuivre ».
L’Allemagne, la Grèce et la Slovénie sont les pays où les reculs ont été les plus importants, de plus de 15 points. Si les deux premiers partaient de très haut (autour de 40 % en 2007), c’était moins le cas de la Slovénie (28 %) qui s’affiche particulièrement engagé sur le sujet avec un écart inférieur à 10 % aujourd’hui.
La convergence des règles est désormais la norme : la grande majorité des pays de l’OCDE ont harmonisé l’âge de départ à la retraite entre les sexes ou sont en train de le faire, marquant la fin progressive des dispositifs de départ anticipé basés sur le genre.
Dans le passé, les pouvoirs publics ont eu tendance à accorder aux femmes un départ anticipé à la retraite, en compensation du temps passé à s’occuper des enfants notamment. Une mesure à double tranchant comme l’explique l’organisation internationale : « Ce phénomène s’est traduit par une baisse des pensions (pour les femmes) compte tenu de la durée plus courte de cotisation ».
Pour corriger le tir, la plupart des pays ont décidé de revenir sur ce système différenciant. Six ont toutefois choisi de conserver des âges de départ différenciés entre hommes et femmes : la Colombie, le Costa Rica, la Hongrie, Israël, la Pologne et le Chili.