Les Français sont de plus en plus nombreux à faire partie de la chaîne entrepreneuriale, selon l'Indice Entrepreneurial Français 2025 publié par Bpifrance ce mardi. Une augmentation en trompe-l'oeil, surtout portée par les « intentionnistes ».
« La France n’est pas bloquée », assure Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d’investissement (Bpifrance). Malgré « une pluie de nouvelles de l’ordre du négatif sur l’économie française » et une « activité parlementaire mélancolique », « la relation de la société française à l’entrepreneuriat s’améliore encore », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse de présentation de l’Indice Entrepreneurial Français (IEF) 2025, ce mardi 9 décembre.
Selon cette enquête, menée par l'Ifop pour l'Observatoire de la création d'entreprise de Bpifrance Création, 34 % de la population résidant en France, soit un total de 18 millions de personnes, fait partie de la chaîne entrepreneuriale. Cette chaîne entrepreneuriale comprend les chefs d'entreprise, les anciens dirigeants, les porteurs de projets ayant déjà entamé des démarches et les "intentionnistes", qui envisagent de se lancer sans l'avoir encore fait.
Une amélioration portée par les « intentionnistes »
Ce pourcentage est en hausse de 2 points par rapport à 2023, et de 4 points par rapport à 2021, atteignant « un point haut en 2025 », montre l’étude de Bpifrance. Cette hausse de 2 points apparaît toutefois en trompe-l’œil. Et pour cause, elle « repose essentiellement sur les intentionnistes », qui « surcompensent une légère baisse des chefs et ex-chefs d’entreprise » souligne Philippe Mutricy, directeur de l’Évaluation des Études et de la Prospective chez Bpifrance. Marquant « une grosse différence par rapport aux deux éditions précédentes, où la part des intentionnistes avait tendance à se réduire ».
Les motivations de ces intentionnistes sont d’abord de devenir leur propre patron et ne plus être salarié (35 %), réaliser un rêve (30 %), et augmenter leurs revenus et leur capital (28 %). « Créer son emploi ou celui d’un de ses proches » n’est cité que par 13 % des intentionnistes, tandis qu’ils ne sont que 6 % à être sans emploi et y voir la seule solution pour trouver du travail. Une motivation « résiduelle » malgré le contexte économique, selon Philippe Mutricy.
Les Français de moins en moins hermétiques
L’étude montre par ailleurs que trois Français sur dix ont vu leur situation professionnelle changer en raison du ralentissement de la croissance, soit 4 points de plus par rapport à 2023. Cette proportion est « un peu plus élevée dans la chaîne entrepreneuriale » : un Français sur deux chez les actifs de la chaîne, et quatre intentionnistes sur dix, contre un Français sur quatre hors chaîne. Parmi les intentionnistes, un tiers réfléchit à se mettre à son compte.
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Malgré tout, les Français en dehors la chaîne entrepreneuriale y sont de moins en moins hermétiques. La part de ceux qui n’ont pas osé parce qu’ils ont été freinés est en hausse de 3 points (31 %), tandis que ceux qui n’en ont pas envie (14 %, - 6 points) ou n’y ont jamais songé (18 %, - 2 points) sont en recul. Par ailleurs, la part de Français hors chaîne qui « considèrent l’entrepreneuriat comme le choix de carrière idéal » augmente de cinq points depuis 2021.
Parmi les freins à la création ou la reprise d’entreprise parmi ces Français hors chaîne, sont cités trop de responsabilités ou de stress (17 %), un revenu insuffisant ou trop instable (15 %), ou un risque d’échec trop important (14 %). Ces Français freinés franchiraient plus facilement le pas s’ils avaient un chef d’entreprise dans leur entourage ou s’ils avaient été sensibilisés à l’entrepreneuriat, indique l’étude de la Banque publique d’investissement.
L’esprit d’entreprise est aussi porté par les femmes : près de trois sur dix (29%) s’inscrivent dans un parcours entrepreneurial, à tous les maillons de la chaîne. Cette proportion est en hausse de six points depuis 2018, souligne l’étude. Côté âge, les jeunes affichent un léger recul, tandis que les plus de 30 ans sont moteurs de la hausse de l’indice. Enfin, un résident des QPV (quartiers prioritaires) sur cinq (22 %) est dans la chaîne entrepreneuriale, contre 14 % en 2018.