Budget : en l’état des débats, le déficit serait « aux alentours de 5 % » en 2026, alerte Amélie de Montchalin
latribune.fr
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, alerte sur un risque de dérapage du déficit public à 5 % du PIB en 2026, malgré l'objectif gouvernemental de 4,7 %.
LTD/Sébastien Leban pour La Tribune Dimanche
Budget : en l’état des débats, le déficit serait « aux alentours de 5 % » en 2026, alerte Amélie de Montchalin
La ministre des Comptes publics met en garde contre un dérapage du déficit à 5 % du PIB, au lieu des 4,7 % visés par le gouvernement. Elle appelle les députés à la responsabilité alors que les mesures votées par l’Assemblée alourdissent la facture.
Le déficit public atteindrait « aux alentours de 5 % du PIB » en 2026 à ce stade des débats parlementaires, a alerté samedi la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, dans un entretien au Parisien. « On est aux alentours de 5 % du PIB alors qu’on devrait être sous les 5 % », a-t-elle reconnu, tout en réaffirmant l’objectif gouvernemental de « 4,7 % ».
« Ce n’est pas un fétichisme ! » a insisté la ministre, en rappelant que « tous les efforts qu’on ne fera pas en 2026, il faudra les réaliser en 2027, 2 028 ou 2 029 ». Selon elle, « il faut arrêter d’augmenter la dette, et ce au plus vite, car elle génère des charges d’intérêt à hauteur de 74 milliards d’euros en 2026 ».
La Sécu, nouveau foyer de tension
Le gouvernement souhaite ramener le déficit public à 4,7 % du PIB, contre 5,4 % prévus en 2025. Mais le budget de la Sécurité sociale, déjà sous tension, menace de creuser encore la trajectoire. L’objectif initial de 17,5 milliards d’euros de déficit est désormais largement dépassé après le passage du texte à l’Assemblée.
Selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, le trou pourrait atteindre plus de 24 milliards d’euros — une estimation partagée par les services de l’Assemblée et du Sénat. « Il est impossible d’imaginer » un déficit « au-dessus des 20 milliards », a rétorqué Amélie de Montchalin, qui juge « difficile d’imaginer qu’on puisse dégeler toutes les retraites et toutes les prestations sociales ».
Mercredi, l’Assemblée a en effet supprimé, à une large majorité, l’article prévoyant le gel temporaire des pensions et des prestations sociales, une mesure représentant 3,6 milliards d’euros d’économies.
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L’équilibre politique en ligne de mire
Fin octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était dit « favorable à regarder » des amendements visant à « dégeler les pensions de retraite et les minima sociaux ». Mais la ministre des Comptes publics plaide pour des ajustements ciblés : « On pourrait maintenir le gel des allocations familiales pour les foyers les plus aisés ».
Malgré des délais serrés, l’Assemblée ne siège pas ce week-end. Le budget de l’État pourrait être transmis au Sénat sans vote sur l’ensemble du texte, faute de temps. Interrogée sur une éventuelle manœuvre de Bercy, Amélie de Montchalin a dénoncé des « intox lancées par certains opposants » et « une dose de complotisme ».