Les images étaient inédites. À la fin du mois de janvier dernier, entrepreneurs et patrons étaient descendus dans les rues de plusieurs villes allemandes pour alerter sur la crise industrielle à venir. En France, une telle mobilisation a aussi été envisagée, mais ne s’est pas concrétisée. Pour l’heure, le tissu économique hexagonal privilégie la médiation avec les pouvoirs publics et plus particulièrement le Premier ministre, en plein débat budgétaire. Le gouvernement devra donner des preuves d'amour au tissu économique à l'occasion du sommet Choose France, ce lundi 17 novembre.
Une douzaine d’organisations patronales et d’associations d’entreprises ont pris la plume afin de s’adresser directement à Sébastien Lecornu, alors que le budget 2026 s’annonce amer pour le tissu industriel tricolore. « Au moment où nous vous écrivons, le projet de loi de finances pour 2026 – qui, dans sa première mouture, rompait déjà avec la nécessaire poursuite de la politique de l’offre – prévoit désormais 53 milliards d’euros de hausse de fiscalité, que ce soit par de nouvelles taxes ou coups de rabot », dénoncent-ils, CPME et Medef en tête, dans cette lettre du 10 novembre.
Le Sénat, qui a désormais entre ses mains la copie, avant de la renvoyer à l’Assemblée nationale, a déjà fait savoir qu’il allégerait la facture. « Pour l’instant, ce budget est le musée des horreurs pour l’industrie, appuie Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode. Nous allons ruiner le peu de compétitivité qui reste à nos entreprises. » Il est néanmoins fort probable que certaines taxes votées par les députés ne voient pas le jour, même si les entreprises devront contribuer à l’effort de redressement des finances publiques. Il sera dès lors question de milliards d’euros, voire de dizaines de milliards.