Sébastien Lecornu joue le tout pour le tout. Le Premier ministre démissionnaire envisage désormais une possible suspension de la réforme des retraites, faisant ainsi écho aux propos d’Élisabeth Borne dans une interview au journal Le Parisien. Tout un symbole puisque la dernière ministre de l’Éducation en date est celle qui a fait passer cette loi impopulaire en 2023, sans vote, lorsqu’elle était encore à la tête du gouvernement.
Pour le Premier ministre démissionnaire, ce rétropédalage sur ce sujet tant controversé a un but bien précis : l’aider à obtenir un accord avec les socialistes. Chargé par Emmanuel Macron de mener « d’ultimes négociations » pour sortir le pays de la crise politique, Sébastien Lecornu tend ainsi la main au parti à la rose, qui a toujours réclamé la suspension de cette réforme et le retour de l’âge légal de départ à 62 ans – qui a été décalé à 64 ans dans le cadre de cette loi.
Les dirigeants du PS ont rencontré ce mercredi matin le Premier ministre pour de derniers pourparlers. Le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure, avait salué la veille « un réveil positif » bien que « tardif » sur les retraites. Un avis loin de faire l’unanimité, des voix s’élevant notamment sur le coût d’une telle suspension.
« Modifier la réforme des retraites » coûtera « des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027 », a ainsi prévenu Roland Lescure, l’éphémère ministre de l’Économie démissionnaire, au micro de France Inter. Vraiment ?