« Chaos », « désordre », « la France à l’agonie »... La démission de Sébastien Lecornu vue par les médias étrangers

Sébastien Lecornu a remis sa démission ce lundi matin.
REUTERS - Benoit Tessier

Sébastien Lecornu a remis sa démission ce lundi matin.
REUTERS - Benoit Tessier
Partout dans le monde, la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu ce lundi matin, entraînant avec lui la chute du tout nouveau gouvernement au lendemain de sa présentation - fait grand bruit.
Pour le média britannique The Sun, cette décision surprise « plonge ENCORE le gouvernement d’Emmanuel Macron en plein chaos ». Même constat pour le journal italien Corriere del Serra qui parle « d’une nouvelle phase pleine d’inconnues », quand le média espagnol ABC s’inquiète d'« une aggravation vertigineuse » de la crise. Pour les Allemands il s’agit d’un « désordre encore jamais vu depuis les débuts de la Ve République », affirme le Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Les commentateurs étrangers soulignent surtout des conséquences de cette nouvelle crise politique sur la dégradation des comptes publics. Le pays doit, en effet, ramener son déficit budgétaire sous les 3 % après avoir vu ce dernier s’envoler à 5,8 % en 2024. Or, pour le média néerlandais NOS, la France est en train de basculer « dans une crise économique » Avant de préciser que « ce déficit budgétaire et les mesures d’assainissement annoncées ont provoqué ces derniers mois beaucoup d’agitation au sein de la société. »
Une alerte qui touche aussi les médias américains. « L’échec d’un autre gouvernement Macron est un signe de la diminution des options auxquelles le président est confronté alors qu’il tente de maîtriser le déficit budgétaire croissant de la France tout en rassemblant une Assemblée nationale divisée », résume le Wall Street Journal. Ce nouvel échec diminue encore les chances de voir la France se doter rapidement d’un budget 2026 présentant des économies. Une conclusion qui a amené « les marchés français à réagir avec force à la nouvelle » ajoute CNBC, tout en pointant la hausse du taux des emprunts de l’État français. Celui à 10 ans a ainsi touché les 3,59 %, un niveau similaire à celui de l’Italie qui empruntait pourtant autrefois bien plus cher que la France.
Quant aux raisons qui ont poussé le nouveau chef du gouvernement à la démission, le journal suisse Le Temps estime que ce dernier était « sous le feu des critiques des opposants et de la droite » depuis plusieurs semaines. C’est notamment le retour « surprise » de Bruno Le Maire, au ministère des Armées, qui a mis le feu aux poudres. Un retour qui a provoqué la sortie des Républicains du gouvernement puisque le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, assure que le Premier ministre lui avait « caché » cette nomination. Or l’ancien ministre de l’Économie s’est mis à dos l’aile droite de l’hémicycle qui le considère comme le « roi des dettes », souligne la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
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Pour le média suisse Blick, Bruno Le Maire est perçu à droite comme un « ministre dépensier », et il est accusé d’avoir creusé la dette française. Avant d’affirmer que « la seconde raison est le "copinage" évident qui a conduit Lecornu à recruter Le Maire pour lui succéder à la tête des armées, un poste très dépendant du président de la République […]. Lecornu a fait ses classes en politique dans le département de l’Eure (Normandie). Il doit beaucoup à Bruno Le Maire. »
Mais les médias étrangers s’en prennent aussi au chef de l’État. Pour le Wall Street Journal, c’est « sa décision de dissoudre le Parlement à l’été 2024 (qui) a ouvert la voie à la fragmentation actuelle. » Une cacophonie qui « va mettre une pression énorme sur Macron, qui a installé trois gouvernements minoritaires ratés depuis des élections parlementaires non concluantes à la mi-2024 », ajoute CNBC.
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Et les critiques sont encore plus virulentes sur le Vieux Continent. Blinck a « l’impression que Macron cherche avant tout à protéger sa fin de mandat jusqu’en mai 2027 [ce qui] a de quoi déranger, dans un pays où seulement 17 % des Français font encore confiance au chef de l’État dans les derniers sondages. » Le média britannique The Spectator va même plus loin : « La France est à l’agonie et ses souffrances ne peuvent qu’empirer tant que Macron sera au pouvoir » affirme le média conservateur britannique.