Démission de Sébastien Lecornu : qui sont les ministres qui vont gouverner ces prochains jours ?

Le Premier ministre Sébastien Lecornu en pleine allocution depuis Matignon vendredi 3 octobre
via REUTERS - AFP or licensors - ALAIN JOCARD

Le Premier ministre Sébastien Lecornu en pleine allocution depuis Matignon vendredi 3 octobre
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Il est désormais le Premier ministre au mandat le plus court de la Ve République… Sébastien Lecornu, a remis ce lundi sa démission et celle de son gouvernement au président de la République, qui l’a accepté. De quoi précipiter un peu plus la France dans la crise politique alors que le second mandat de Macron aura connu pas moins de cinq Premiers ministres.
La démission du Premier ministre et de son gouvernement est présente dans l’article 8 de la constitution. Le Président de la République « met fin à ses fonctions (du Premier ministre) sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement », est-il ainsi inscrit.
Lorsqu’un gouvernement démissionne, il reste ainsi en place pour assurer les fonctions minimales de l’État, jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit nommé. C’est ce que l’on appelle un gouvernement d’affaires courantes. Selon Info.gouv, « les « affaires courantes » se réfèrent aux « affaires ordinaires » qui relèvent de l’activité quotidienne et continue de l’administration et aux « affaires urgentes ». Cette période débute à partir du moment où le président de la République accepte la démission du Premier ministre.
Dans le cas présent, même si les ministres ont été nommés il y a à peine une journée et que toutes les cérémonies de passation ont été annulées, c’est bel et bien le gouvernement démissionnaire nouvellement nommé, donc celui de Sébastien Lecornu, qui gouvernera. L’entourage d’Éric Lombard rappelle que le « décret a été publié » et que « le prononcé fait foi ». Ainsi, par exemple, Roland Lescure, choisi par Sébastien Lecornu en tant que ministre de l’Économie, remplace Éric Lombard et assurera ses fonctions à Bercy jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit nommé.
Du côté du ministère des Armées, Bruno Le Maire ne s'occupera pas des affaires courantes puisqu'il a choisi de se retirer du gouvernement et de « transférer » ses responsabilités à Sébastien Lecornu. « Je souhaite que cette décision permette la reprise des discussions en vue de former un nouveau gouvernement, dont la France a besoin », a-t-il écrit dans un post sur X (ex-Twitter) publié en fin de journée.
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Plusieurs options sont désormais sur la table pour Emmanuel Macron. Le président peut décider de nommer à nouveau un Premier ministre du « bloc central », au risque de se retrouver une nouvelle fois dans une impasse face aux oppositions. Il pourrait également nommer un Premier ministre de l’opposition, et ainsi se retrouver dans une situation de cohabitation.
Une autre piste possible serait la dissolution de l’Assemblée nationale, qui provoquerait dès lors de nouvelles élections législatives anticipées. Une piste plaidée majoritairement par le Rassemblement national. « La dissolution est absolument incontournable », a déclaré Marine Le Pen, la cheffe du groupe RN à l’Assemblée.
Enfin, des partis plaident pour le départ d’Emmanuel Macron. La France insoumise demande « l’examen immédiat » de la motion de destitution du président déposée en septembre par 104 députés. Marine Le Pen a indiqué que la démission du président serait « sage » sans appeler néanmoins à la faire.
La nomination en elle-même de Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre n’avait pas plu à la gauche et au Rassemblement national. Et les oppositions ont menacé ces dernières semaines de censurer le gouvernement une fois nommé si aucune rupture n’était engagée.
Mais l’ancien ministre des Armées a fait face à la pression de sa propre coalition. Les Républicains notamment n’ont pas apprécié la faible part de ministre LR nommé au gouvernement. Par-dessus tout, la nomination de Bruno Le Maire, ancien ministre du camp macroniste tenu pour responsable du dérapage budgétaire du pays, semble avoir été l’élément déclencheur. Bruno Retailleau, le chef des LR, pourtant nommé ministre de l’Intérieur, avait ainsi convoqué en urgence ce lundi matin un comité stratégique.
Au cours de la Ve République, les démissions de Premiers ministres et de leurs gouvernements ne sont pas rares. Même si la plupart surviennent dans des cas précis. Notamment après des élections législatives, même quand le parti ou la coalition déjà en place gagne. C’est ce que l’on surnomme une « démission de courtoisie ». Cela a été le cas en juillet 2024 : après l’échec de la coalition présidentielle lors des élections législatives, le Premier ministre Gabriel Attal avait démissionné.
Un Premier ministre peut également démissionner à la suite d’une motion de censure, lorsqu’il engage sa responsabilité pour faire passer un projet de loi en utilisant l’article 49.3 de la Constitution. Cela a notamment été le cas avec Michel Barnier en décembre 2024 qui tentait de faire adopter le budget 2025 de la sécurité sociale.
Les Premiers ministres peuvent aussi présenter la démission de leur gouvernement en cas de divergences avec certains ministres. Sous François Hollande, Manuel Valls avait présenté sa démission à la suite d’un désaccord avec notamment Arnaud Montebourg et Benoît Hamon.
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Quelques fois, le président de la République peut refuser la démission de son Premier ministre. Un des exemples les plus récents est celui d’Élisabeth Borne qui s’était vue refuser sa démission par Emmanuel Macron en juin 2022.