Inflation à 3 % aux États-Unis : les marchés parient sur une nouvelle baisse des taux

Le président de la Fed, Jerome Powell.
Reuters

Le président de la Fed, Jerome Powell.
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L'inflation américaine s'inscrit dans la durée au-dessus de l'objectif de 2 % voulu par la Fed. Les prix à la consommation ont continué à accélérer sur un an en septembre aux États-Unis, à désormais 3 % contre 2,9 % un mois plus tôt, selon l'indice CPI publié ce vendredi par le département du Travail. Les analystes tablaient sur une hausse un peu plus forte, à 3,1%. Après l'annonce de ces chiffres, le Dow Jones évoluait en hausse (0,89% à 17h) tandis que le Nasdaq prenait 1,13%. Les marchés sont convaincus que la Réserve fédérale va continuer son assouplissement monétaire dans les mois à venir.
« L'inflation reste clairement un sujet d'inquiétude en particulier concernant la possible décision de la Réserve fédérale de réduire de nouveau ses taux », a déclaré auprès de l'AFP Adam Sahran, analyste auprès de 50 Park Investment. Mais « il aurait fallu un rapport beaucoup plus pessimiste pour dissuader la Réserve fédérale de baisser ses taux lors de sa réunion » prévue la semaine prochaine, commente auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.
Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) doit en effet se réunir mardi et mercredi, les marchés anticipant une nouvelle baisse de 0,25 point, qui porterait ses taux directeurs dans une fourchette prévue entre 3,75 % et 4 %, selon l'outil de veille de CME, FedWatch.
« Bien que le taux d'inflation annuel de 3 % soit encore bien supérieur » à l'objectif à long-terme de 2 % fixé par l'institution monétaire, celle-ci a « clairement indiqué son intention de défendre son mandat de plein emploi, ce qui est une bonne nouvelle pour le marché », ajoute Art Hogan.
Sur un mois, les prix à la consommation ont légèrement décéléré, à 0,3 %, contre 0,4 % au mois d'août, malgré une hausse des prix de l'énergie. Ils viennent ainsi s'établir en deçà des anticipations des analystes, qui s'attendaient à 0,4 % de hausse, selon le consensus publié par briefing.com.
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L'inflation dite sous-jacente, c’est-à-dire excluant les éléments considérés comme volatils que représentent l'alimentation et l'énergie, est également en légère décélération sur un mois, à 0,2 %, ainsi que sur un an, à 3 % (contre 3,1 % un mois plus tôt).
Jeudi dernier, un des responsables de la Fed, Christopher Waller, s'est dit favorable à une baisse des taux directeurs d'un quart de point à la fin du mois. « Selon les données dont je dispose au sujet du marché du travail, je pense que le comité (de la Fed fixant les taux directeurs NDLR) devrait abaisser une nouvelle fois les taux d'un quart de point », a-t-il déclaré lors d'un événement organisé à New York. Pour rappel, la Fed a abaissé ses taux pour la première fois de l'année en septembre, d'un quart de point.
Christopher Waller se montre plus réservé pour la suite, notamment faute de données officielles disponibles en raison du blocage budgétaire (« shutdown ») aux États-Unis. « Nous devons avancer avec prudence quand nous ajustons les taux directeurs pour nous assurer de ne pas faire une erreur qui serait difficile à corriger », a poursuivi Christopher Waller, qui ne voudrait pas voir anéantis les progrès réalisés en matière d'inflation.
Il se distingue en cela nettement d'un autre gouverneur, Stephen Miran, récemment nommé par Donald Trump, qui plaide pour baisser les taux de manière résolue. Stephen Miran avait ainsi voté contre la décision de la Fed en septembre, estimant qu'il fallait baisser les taux d'un demi-point d'un coup et non d'un quart de point.
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Jeudi, lors d'un événement à Washington, il a dit ne pas vouloir baisser les taux de plus d'un demi-point à chaque réunion, « chose qui ne devrait intervenir qu'en cas d'urgence ». « Je ne pense pas qu'il y ait d'urgence, mais bouger lentement, au rythme d'une baisse d'un quart de point toutes les six semaines, cela rend l'ajustement monétaire plus lent que ce qui est nécessaire » pour soutenir l'économie, a-t-il affirmé.
(Avec AFP)