Alors que le Comité régional de tourisme fait état d’une attractivité soutenue en Occitanie durant cette saison estivale 2025, la réalité terrain, plus nuancée, recouvre des situations très différentes en fonction des secteurs d’activité et des territoires. Grands perdants de l’été : la restauration et les commerces.
Malgré des conditions climatiques contrastées et un contexte tendu, l’Occitanie se classe à la seconde place des régions plébiscitées cet été, derrière la Nouvelle-Aquitaine mais devant Provence-Alpes Côte d’Azur. Dans son enquête de conjoncture menée en août 2025, le Comité régional de tourisme et de loisirs (CRTL) d’Occitanie et ses partenaires soulignent un taux de satisfaction global de 68 % des professionnels du tourisme dans la région, soit un niveau quasi identique à 2024.
Pour autant, la réalité de l’économie touristique recouvre des situations bien différentes selon les secteurs d’activité mais aussi les territoires, les professionnels de la montagne (78 %) et du littoral (74 %) se montrant plus positifs que ceux de la campagne (67 %) et des zones urbaines (62 %).
« On ne peut plus se payer le luxe d’une telle décentralisation »
Dans le sillage de la tendance nationale, le secteur de l’hôtellerie s’en sort bien avec des taux d’occupation très corrects sur la saison : 78 % pour Sète (contre 83 % en 2024), 74 % pour Nîmes (+ 1 point), 80 % pour Narbonne (+ 2 points), 80 % pour Montpellier (+ 0,5 point) mais une baisse de 5 % pour Carcassonne et de 4 % pour Béziers.
Néanmoins, malgré ces niveaux de fréquentation honorables, la profession a du faire preuve d’agilité (notamment dans la gestion tarifaire) pour conserver équilibre et rentabilité. Et selon Brice Sannac, coprésident de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) de l’Occitanie, la région manque vraiment d’un plan touristique ambitieux.
« L’Occitanie a des atouts formidables mais je suis désespéré de voir offices de tourisme, grands sites, agences de développement touristiques et CRTL continuer à travailler de manière isolée pour des raison de divergence politique ou de compétitivité, s’agace-t-il. On ne peut plus se payer le luxe d’avoir une telle décentralisation de la politique touristique, j’appelle à une vraie mutualisation. Le budget global des offices de tourisme, c’est 250 millions d’euros à l’échelle du territoire : imaginez la communication qu’on pourrait faire avec la moitié de ce budget ! On pourrait réussir, par exemple, le pari du tourisme de quatre saisons qui, pour l’heure, est un échec. »
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