La charge de la dette atteindra « plus de 100 milliards » d'ici à 2030, alerte François Villeroy de Galhau

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
Reuters

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
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La charge de la dette atteindra « plus de 100 milliards » à l'horizon 2030, a affirmé François Villeroy de Galhau sur France Info ce jeudi. Le gouverneur de la Banque de France a insisté sur la nécessité de réduire les déficits, soulignant que « cette dette qui augmente nous coûte en charges d'intérêts des dizaines de milliards (d'euros, ndlr) en plus au cours de la décennie ».
« C'était 30 milliards de charges d'intérêts en 2020, et ce sera plus de 100 milliards à la fin de la décennie », a-t-il précisé. « Ces 70 milliards supplémentaires, c'est autant que nous ne pouvons pas consacrer à l'éducation, à la lutte contre le changement climatique ou à la défense. Il faut absolument sortir de cet étouffement progressif », a-t-il martelé.
La charge de la dette, c'est-à-dire les intérêts payés aux créanciers, devrait s'élever à 59,3 milliards d'euros en 2026, contre environ 55 milliards d'euros aujourd'hui, selon le programme publié le 14 octobre par l'Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette de l'État. Cela en fait le deuxième poste budgétaire de l'État derrière l'Éducation nationale.
L'ancien Premier ministre François Bayrou avait alerté le 25 août que la charge de la dette allait « devenir cette année le budget le plus important de la nation », et « les annuités que nous allons devoir rembourser vont être plus lourdes que celles de l'Éducation nationale et que le budget des armées » lors d'une conférence de presse de rentrée.
Et cela « va croître tous les ans, inexorablement », avait mis en garde le chef du gouvernement. Après une longue période de taux d'intérêt historiquement bas, la succession de crises, comme la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et la flambée de l'inflation, a provoqué une nette remontée du « prix » de l'argent, alourdissant mécaniquement la facture pour les emprunteurs.
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La dette du pays, qui dépasse déjà 3400 milliards d'euros, devient ainsi de plus en plus coûteuse, un mouvement encore accentué depuis la dissolution de de juin 2024, qui a ajouté de l'incertitude sur la trajectoire budgétaire du pays. Cette incertitude « nous coûte au moins 0,2 point de croissance » pour cette année, a déclaré le gouverneur de la Banque de France ce jeudi. Par ailleurs, la France paye aussi son absence de maîtrise des dépenses publiques et son lourd déficit. Des grandes agences de notation dont S&P et Fitch ont récemment dégradé sa note souveraine.
Cette « incertitude française, politique et budgétaire » s'ajoute à la « part internationale, c'est la guerre en Ukraine, c'est le protectionnisme américain ». Au total, tout cela pourrait coûter 0,5 point de croissance à l'économie française, a-t-il souligné. François Villeroy de Galhau a redit que la Banque de France tablait sur une croissance d'au moins 0,7% en 2025.
Le gouverneur de la Banque de France a enfin commenté l'échec des députés et sénateurs à se mettre d'accord sur le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) ce mercredi. « Ce n'est pas la fin du débat budgétaire, mais ce qui s'est passé mercredi soir, c'est un chaos supplémentaire sur un chemin qui est déjà tortueux », a-t-il commenté.
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Il a également déploré un débat qui « est jusqu'à présent inquiétant et divergent. Il devrait réduire l'incertitude, il devrait nous rapprocher d'un budget 2026. Pour l'instant, il accroît la confusion. Donc moi, je souhaite ardemment qu'on dépasse le spectacle actuel pour trouver des compromis. »