80 milliards d’euros d’efforts budgétaires devront être fournis d’ici à 2029 pour espérer redescendre sous les 3 % de déficit public, indiquent les magistrats financiers.C’est un hasard du calendrier. Ce jeudi 19 février, la Cour des comptes publie son « rapport sur la situation des finances publiques début 2026 ». Un document qui constituait autrefois le premier chapitre du rapport public annuel de l’institution. Ce même jour, le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision sur le budget 2026 adopté le 2 février par l’Assemblée nationale. Elle sera très scrutée. A fortiori après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a saisi lui-même la rue de Montpensier sur trois articles fiscaux du texte, dont la taxe sur les holdings.
Dans son rapport de 66 pages, la Cour des comptes réalise une sorte d’arrêt sur images de la situation des finances publiques en ce début d’année. En médecine d’urgence, les docteurs diraient qu’ils ont réussi à stopper une situation hémorragique en 2025. L’année dernière, le déficit est redescendu à 5,4 % — son niveau en 2023 — après avoir connu un pic inquiétant à 5,8 % en 2024. Il se pourrait même que le déficit soit, après l’arrêt des comptes, légèrement inférieur à 5,4 %.
Malgré cette bonne nouvelle, il n’y a pas de quoi pavoiser pour le gouvernement de Sébastien Lecornu. Car la France a réalisé un ajustement budgétaire limité à 0,4 point de PIB, loin de la cible de 1,1 point visée en octobre 2024 par Michel Barnier, à l’époque locataire de Matignon — il finira renversé par une motion de censure le 4 décembre 2024. L'année 2025 constitue donc, pour la Cour des comptes, « une modeste étape sur le chemin du retour sous le seuil de 3 % ».
Des hausses de prélèvements obligatoires
D’autant plus que pour réaliser cet effort budgétaire, le pays a de nouveau sombré dans la facilité. Loin de tailler massivement dans la dépense publique, la réduction du déficit a été « quasi exclusivement imputable à environ 23 milliards d’euros sur des hausses de prélèvements obligatoires », souligne la Cour.