Après plusieurs mois de débats, le budget 2026 a finalement été adopté, lundi 2 février, par l’Assemblée nationale. Le prochain budget, qui devra être discuté en pleine campagne présidentielle, s’annonce particulièrement difficile pour le gouvernement.Le marathon budgétaire s’est achevé ce lundi 2 février. Après le rejet de deux motions de censure par l’Assemblée nationale – les Écologistes, La France insoumise (LFI) et la Gauche démocrate et républicaine (GDR) d’une part, le Rassemblement national (RN) et l’Union des droites pour la République (UDR) de l’autre –, le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 a été définitivement adopté. À l’instar du budget 2025, le texte aura fait l’objet d’une adoption très tardive, faute de majorité au Parlement.
Pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, c’est la fin d’une séquence parlementaire commencée le 14 octobre et qui aura été particulièrement délicate à négocier. Après l’échec de la commission mixte paritaire (CMP) avant Noël et face à l’impossibilité de faire adopter une copie budgétaire par un vote des parlementaires, le Premier ministre aura dû se résoudre à faire voter une loi spéciale fin 2025 pour assurer la continuité de l’État et recourir à l’article 49.3, un outil constitutionnel qu’il souhaitait éviter à tout prix, pour doter la France d’un budget.
L’engagement de la responsabilité du gouvernement aura contraint Matignon à négocier un accord de non-censure avec le Parti socialiste, revenu en position de force à l’Assemblée nationale, et décidé à jouer son va-tout face à un gouvernement sans majorité politique. Ainsi, les socialistes ont pu obtenir notamment l’abandon de l’année blanche sur les prestations sociales, la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu (IR) ou encore un coup de pouce aux bénéficiaires de la prime d’activité.
Depuis qu’il a acté ces concessions, l’exécutif répète à l’envi que la fiscalité sur les ménages n’augmentera pas en 2026, comme pour reprendre à son avantage une situation qui lui a été imposée. En oubliant au passage de rappeler que la contribution sociale généralisée (CSG) se trouve relevée de 1,4 point sur les produits de placements, à l’instar des plans d’épargne en actions (PEA) par exemple – relevant la flat tax à 31,4 % pour les contribuables – dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).