Emmanuel Macron a rejeté la « suspension » de la réforme des retraites de 2023, y voyant un simple « décalage » d’échéance pour apaiser les discussions budgétaires. Un Conseil des ministres aura lieu jeudi pour ajouter la suspension de la réforme des retraites au budget de la Sécurité sociale.La clarification est venue de Slovénie. Face à la confusion née des déclarations de son Premier ministre, Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron a tranché net sur le dossier brûlant des retraites, réfutant toute idée d’une « suspension » de la réforme votée en 2023. Pour le président de la République, il s’agit uniquement d’un « décalage d’une échéance » dans le temps, justifié par un « souci d’apaisement » dans le contexte des discussions sur le budget 2026.
Ce « décalage » se concrétise par le report de l’âge légal de départ à 63 ans, initialement prévu au 1er janvier 2027, au 1er janvier 2028. Ce report serait financé par des économies, a précisé le chef de l’État. Une subtilité sémantique lourde de conséquences : le terme de « suspension » avait pourtant été explicitement employé par Sébastien Lecornu lors de sa déclaration de politique générale le 14 octobre. Le Premier ministre avait alors déclaré vouloir proposer au Parlement de « suspendre la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle ».
La suspension de la réforme des retraites sera ajoutée au projet de budget de la Sécu par « lettre rectificative » jeudi en Conseil des ministres, a annoncé Sébastien Lecornu mardi devant l’Assemblée nationale, interrogé par Marine Le Pen (RN), puis Boris Vallaud (PS).
« Le débat doit avoir lieu ici même à l’Assemblée nationale, soit par un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, mais je comprends qu’un doute s’empare de ces bancs. (...) Aussi le Conseil d’État a été saisi cette nuit d’une lettre rectificative et un Conseil des ministres aura lieu jeudi matin pour l’adopter », a déclaré le Premier ministre lors de sa réponse à Boris Vallaud, réaffirmant, comme il l’avait dit lors de sa déclaration de politique générale, que la suspension concernerait tant la mesure sur l’âge légal que l’augmentation du nombre de trimestres de cotisation.