Trump face au doute des électeurs : un plan de relance par le « chèque » et le protectionnisme
latribune.fr

Trump annonce un chèque de 1 776 dollars pour les militaires.
REUTERS - Brendan McDermid
latribune.fr

Trump annonce un chèque de 1 776 dollars pour les militaires.
REUTERS - Brendan McDermid
Face à une opinion publique de plus en plus sceptique, Donald Trump mise sur des mesures symboliques fortes pour marquer les esprits. Mercredi soir, il a annoncé le versement de « dividendes du guerrier » à 1,45 million de militaires américains. Ces chèques, d’un montant de 1 776 dollars — référence directe à la Déclaration d’indépendance —, visent à consolider sa base au sein des forces armées.
Sur le front macroéconomique, le milliardaire de 79 ans affiche un optimisme provocateur, prédisant un essor économique « comme le monde n’en a jamais connu ». Il revendique déjà 18 000 milliards de dollars de nouveaux investissements depuis son investiture.
Pourtant, le pilier de sa stratégie, le protectionnisme, subit une pression judiciaire intense. La Cour suprême doit prochainement trancher sur la constitutionnalité de ses droits de douane « réciproques ». Une invalidation obligerait l’État à rembourser 129 milliards de dollars déjà perçus auprès de 300 000 importateurs, menaçant l’équilibre budgétaire de sa « belle et grande loi ».
Pour justifier les difficultés persistantes des ménages, le président républicain a durci son discours sur l’immigration, qualifiée d’« invasion ». Selon lui, les immigrés sont les premiers responsables de la crise du logement, de la saturation des hôpitaux et de la « volte » d’emplois. Se félicitant d’avoir enclenché une « migration inversée » via des expulsions massives, il lie directement la santé financière du contribuable américain à la réussite de sa politique migratoire.
Cette rhétorique peine toutefois à masquer une réalité statistique plus complexe. Si Donald Trump assure que les prix baissent « rapidement », l’opposition démocrate, par la voix du sénateur Chuck Schumer, dénonce une « bulle déconnectée de la réalité ». Le chômage a progressé en novembre, et seuls 33 % des Américains approuvent aujourd’hui sa gestion économique.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

L’unité du camp républicain, autrefois absolue, montre des signes de fatigue. Plusieurs dossiers brûlants cristallisent les tensions. La santé, d’abord : la fin des aides à la souscription d’une complémentaire santé pourrait laisser 2 à 3 millions d’Américains sans couverture, tandis que 23 millions d’autres verront leurs coûts s’envoler dès janvier. Mais aussi la diplomatie : Les frappes contre les installations nucléaires iraniennes ont heurté la frange isolationniste Maga. Il faut en outre compter avec les premières dissidences dans son camp : La défection de la députée Marjorie Taylor Greene et les révélations de la directrice de cabinet Susie Wiles sur le tempérament du président affaiblissent l’image de cohésion de l’exécutif.
À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, la Maison-Blanche compte sur les cadeaux fiscaux votés cet été — notamment l’exonération des pourboires et des heures supplémentaires — pour inverser la tendance. La Fed prévoit une croissance de 2,25 % en 2026, mais le pari reste risqué : si l’inflation ne reflue pas comme prévu au second semestre, le président pourrait perdre sa majorité de justesse au Congrès, brisant net l’élan de son second mandat.
latribune.fr