La présidente de France Assureurs, Florence Lustman, dénonce le projet de taxation de l’assurance vie, qu’elle juge « fondé sur une contre-vérité » et dangereux pour l’épargne populaire.
La présidente de France Assureurs, Florence Lustman, a vivement critiqué mercredi le projet de taxation des contrats d’assurance vie, estimant qu’une telle mesure serait « une grave erreur » et qu’elle repose sur « une contre-vérité ».
Vendredi dernier, une majorité de députés a voté la transformation de l’actuel impôt sur la fortune immobilière (IFI) en « impôt sur la fortune improductive ». Ce nouvel impôt élargirait son assiette aux produits d’assurance vie en fonds euros détenus par les épargnants les plus fortunés. Une initiative qui suscite l’inquiétude du secteur.
La fédération des assureurs entend désormais se mobiliser pour faire entendre sa voix. Elle doit « expliquer pourquoi c'est une grave erreur, pourquoi est-ce que tout ça est assis sur une contre-vérité », a déclaré Florence Lustman lors d’un point presse, tout en précisant ne pas disposer encore des éléments chiffrés permettant d’évaluer l’impact de cette réforme.
Un placement « éminemment populaire »
Pour la présidente de France Assureurs, l’assurance vie ne saurait être assimilée à un produit réservé aux plus aisés. « Plus d’un Français sur deux a un contrat d’assurance vie, c’est un contrat éminemment populaire, plus de la moitié des contrats d’assurance vie ont un encours de moins de 10.000 euros », a-t-elle rappelé.
Elle souligne également que « on a un agriculteur sur deux, on a un ouvrier sur trois qui détient un contrat d’assurance vie, donc c’est vraiment le grand vecteur d’épargne populaire. Qui répond aux besoins de nos concitoyens ».
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Un investissement productif pour l’économie
Florence Lustman rejette aussi l’idée selon laquelle l’épargne placée en fonds euros serait « improductive ». Selon elle, « la répartition des investissements du fonds euro n’est pas très différente de l’ensemble de l’assurance vie ».
Le fonds euro représente « 1 700 milliards d’euros » sur un total de 2 084 milliards d’encours, et il est investi « à 57 % dans les entreprises et 30 % dans les dettes souveraines ». Fin juin 2025, 63 % des encours de l’assurance vie étaient placés en titres d’entreprises, tandis que les obligations souveraines représentaient 24 % des placements, tous supports confondus.
« C’est aussi complètement faux de vouloir scinder l’euro des UC (unités de compte, ndlr). Le contrat d’assurance vie, c’est un tout », a insisté Florence Lustman. « Et dans ce tout, il y a une partie qui peut être très sécurisée, c’est la partie en euros, puis il y a une partie qui peut être plus ou moins sécurisée, ça dépend du type d’unité de compte qu’on va choisir. Et le produit d’épargne, c’est bien l’ensemble. »
Un signal inquiétant pour l’épargne
En cherchant à taxer une partie de l’assurance vie, l'Assemblée prend le risque d’envoyer un signal négatif aux épargnants, prévient implicitement la fédération. Dans un contexte de ralentissement économique et de recherche de financements pour la transition énergétique, France Assureurs plaide pour la stabilité du cadre fiscal.
L’assurance vie reste aujourd’hui le premier placement financier des ménages français, avec plus de 2.000 milliards d’euros d’encours et un rôle clé dans le financement des entreprises et de la dette publique.