Près de 14,9 milliards d’euros ont été collectés sur l'assurance vie en septembre, un record. De quoi alimenter le futur « impôt sur la fortune improductive ».
Les épargnants français continuent de plébisciter l’assurance vie, et les députés en plein débats budgétaires l'ont bien remarqué. En septembre, les Français ont déposé 14,9 milliards d’euros sur l'assurance vie, un record historique pour ce mois, selon les chiffres publiés lundi par France Assureurs. Ce montant, en hausse de 20 % sur un an, illustre « la vitalité d’un modèle d’épargne qui conjugue stabilité financière et progrès économique », estime Paul Esmein, directeur général de la fédération, dans un communiqué.
Les prestations versées par les assureurs – rachats et versements aux bénéficiaires – ont progressé de 8 %, à 10,8 milliards d’euros. La collecte nette, c’est-à-dire la différence entre les dépôts et les retraits, atteint 4,1 milliards d’euros, soit 1,7 milliard de plus qu’en septembre 2024. Du jamais-vu pour un mois de septembre.
Ce dynamisme s’inscrit dans un contexte d’épargne soutenue. Selon l’Insee, le taux d’épargne des ménages français atteignait 18,9 % de leur revenu disponible au deuxième trimestre. Une tendance amplifiée par la baisse du taux du Livret A, qui rend l’assurance vie plus attractive. « La baisse du rendement du Livret A, combinée au maintien de celui des fonds en euros autour de 2,6 %, ainsi qu’à la bonne tenue des marchés boursiers, explique la progression remarquable de la collecte nette et brute de l’assurance vie », analyse dans une note l’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.
63% des encours dans des titres d’entreprises
À fin août, l’encours total des contrats d’assurance vie atteignait 2.084 milliards d’euros, en hausse de 5,1 % sur un an. Une somme colossale qui provoque l’attention des pouvoirs publics, alors que le projet de loi de finances 2026 est débattu à l’Assemblée nationale.
Vendredi, une majorité de députés a voté un amendement transformant l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en un « impôt sur la fortune improductive », élargissant son assiette aux produits d’assurance vie en fonds euros détenus par les épargnants les plus fortunés. Une proposition qui fait réagir le secteur. Paul Esmein estime « que les fonds euros finançaient l’économie productive et qu’il était donc très étonnant de les retrouver dans un amendement sur la fortune improductive ». A fin juin 2025, 63 % des encours de l’assurance vie étaient investis dans des titres d’entreprises, contre 24 % dans des obligations souveraines.
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Le succès de l’assurance vie s’accompagne d’un engouement croissant pour les plans épargne retraite (PER) assurantiels. Les cotisations ont atteint 1,1 milliard d’euros en septembre, en hausse de 14 % sur un an, tandis que la collecte nette a bondi de 36 % à 768 millions d’euros.