Visas de travail : Washington clarifie les frais de 100.000 dollars après les inquiétudes de l’Inde
latribune.fr
Washington a clarifié samedi les conditions d'imposition des frais de 100.000 dollars sur les visas H-1B, au lendemain de leur annonce par Donald Trump.
L’administration Trump précise que les nouveaux frais ne concerneront que les premières demandes de visas de travail H-1B, très utilisés dans le secteur technologique. L’Inde et les entreprises du secteur avaient exprimé leur inquiétude face aux conséquences humaines et économiques de la mesure.
Washington a clarifié samedi les conditions d’imposition des frais de 100.000 dollars sur les visas H-1B, au lendemain de leur annonce par Donald Trump. Ces visas de travail sont particulièrement prisés dans le secteur technologique, où les ressortissants indiens représentent près des trois quarts des bénéficiaires.
Ils permettent à des travailleurs hautement qualifiés – scientifiques, ingénieurs, programmeurs – de s’installer aux États-Unis pour une durée initiale de trois ans, renouvelable jusqu’à six ans. Le ministère indien des Affaires étrangères a exprimé ses craintes face aux « conséquences humaines » de la mesure, évoquant les perturbations infligées aux familles. L’organisation patronale de la tech indienne Nasscom a également mis en garde contre « l’incertitude considérable » créée pour les entreprises et les projets en cours. De son côté, JP Morgan a invité ses employés titulaires d’un visa H-1B à éviter tout voyage international jusqu’à publication de directives claires.
La Maison Blanche tente de rassurer
Face aux critiques, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé samedi que ces frais « concernent uniquement les nouveaux visas et non pas les renouvellements ni les actuels détenteurs de ces visas ». Sur X, elle a ajouté : « Ceux qui sont déjà titulaires de visas H-1B et se trouvent actuellement hors du pays ne devront pas payer 100.000 dollars pour rentrer. »
Le ministre du Commerce Howard Lutnick a, lui, assumé le caractère dissuasif de la mesure : « Nous voulons arrêter de faire venir des gens pour prendre nos emplois. » Selon lui, la nouvelle taxe rend le recrutement de travailleurs étrangers « non rentable » pour les grandes entreprises de la tech, contraintes de payer à la fois l’État et leurs salariés.
Depuis son premier mandat, Donald Trump s’est montré hostile aux visas H-1B, qu’il accuse de concurrencer les travailleurs américains. Vendredi, il avait signé le décret instaurant ces frais et annoncé parallèlement la création d’une « carte dorée » à un million de dollars, équivalent prestigieux de la « green card ».
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En 2024, environ 400.000 visas H-1B ont été approuvés, dont deux tiers concernaient des renouvellements. Les entrepreneurs de la tech, à l’image d’Elon Musk, alertent sur les effets pervers d’une telle politique migratoire, estimant que les États-Unis manquent déjà de main-d’œuvre qualifiée pour répondre aux besoins de l’industrie.