Groenland : Merz, Meloni, Macron, le duel des stratégies face à Trump

" Le gouvernement français souhaite parfois réagir de manière plus ferme que nous ne le souhaitons ", a noté Friedrich Merz.
Reuters

" Le gouvernement français souhaite parfois réagir de manière plus ferme que nous ne le souhaitons ", a noté Friedrich Merz.
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Derrière leur apparente unité, les chefs d’État européens tentent chacun de jouer leur partition face aux menaces de droits de douane brandies par Donald Trump. Le président américain a menacé samedi huit pays européens ayant envoyé des militaires au Groenland, dont la France, d’une surtaxe de 10 % à partir du 1er février, qui pourrait s’envoler à 25 % au 1er juin.
Preuve de leur volonté d’envoyer un message à Washington, un sommet extraordinaire des dirigeants des 27 aura lieu « dans les jours qui viennent », a annoncé le président du Conseil européen António Costa à l’issue d’une réunion d’urgence des ambassadeurs des Vingt-Sept. De source européenne, il devrait probablement avoir lieu jeudi. Mais les chefs d’État ont pour l’instant réagi de manière plus ou moins douce aux menaces de Trump.
Keir Starmer a appelé ce lundi à résoudre la crise par le dialogue, soulignant qu'« une guerre commerciale n’est dans l’intérêt de personne ». « Les alliances durent parce qu’elles sont construites sur le respect et le partenariat, pas sur la pression », a déclaré le Premier ministre britannique lors d’une conférence de presse convoquée en urgence à Downing Street.
« C’est pour cela que je dis qu’utiliser les droits de douane contre des alliés est une erreur totale », a-t-il ajouté. Alors que plusieurs pays de l’UE ont évoqué la préparation de « contre-mesures », Keir Starmer n’a pas évoqué de mesures de rétorsion. Il s’est dit déterminé à « travailler avec nos alliés en Europe et avec les États-Unis » et à « maintenir le dialogue ».
Emmanuel Macron va pour sa part demander « l’activation de l’instrument anti-coercition » de l’UE si les menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump sont mises à exécution, a fait savoir dimanche son entourage. Par ailleurs, les menaces commerciales américaines « posent la question de la validité de l’accord » sur les tarifs douaniers conclu entre l’Union européenne et les États-Unis en juillet dernier, a relevé un proche du président français.
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Friedrich Merz s’est montré plus mesuré que son homologue français. Le chancelier allemand a dit ce lundi qu’il souhaitait « éviter une escalade douanière » en raison du conflit et a affirmé vouloir rencontrer Donald Trump mercredi à Davos (Suisse).
« Nous voulons simplement essayer de résoudre ce problème ensemble et le gouvernement américain sait que nous pourrions également réagir de notre côté », a déclaré Friedrich Merz, qui doit participer cette semaine, comme Donald Trump, à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos. Le dirigeant allemand a également mis en garde contre les conséquences néfastes d’une guerre commerciale entre les États-Unis et l’UE.
Interrogé sur la coordination entre Paris et Berlin, Merz a souligné que la « France est touchée par les droits de douane américains dans une mesure différente » de Berlin, très dépendant de ses exportations. « Le gouvernement français souhaite parfois réagir de manière plus ferme que nous ne le souhaitons », a-t-il noté, précisant « comprendre » cette position.
De son côté, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a affirmé avoir parlé à Donald Trump pour lui notifier l'« erreur » que constituaient selon elle ces menaces de surtaxes. Depuis Séoul, Giorgia Meloni, considérée comme une alliée en Europe du président américain, a cependant tenté de minimiser ce conflit, en déclarant qu'« il y a un problème de compréhension et de communication » entre l’Europe et les États-Unis concernant le Groenland.
Giorgia Meloni a ajouté que « du point de vue américain, le message venu de ce côté-ci de l’Atlantique n’était pas clair ». « Il me semble que le risque est que les initiatives de certains pays européens aient été interprétées comme anti-américaines, ce qui n’était manifestement pas l’intention », a poursuivi la cheffe du gouvernement italien.
Selon elle, il appartient à l’Otan de jouer un rôle actif dans cette crise grandissante. « L’Otan est l’instance où nous devons nous efforcer d’organiser ensemble des moyens de dissuasion contre toute ingérence hostile sur un territoire clairement stratégique, et je pense que le fait que l’Otan ait commencé à travailler sur ce sujet est une bonne initiative », a-t-elle dit à la presse.
(Avec AFP)