États-Unis : le ministère de la Sécurité intérieure paralysé par un nouveau bras de fer budgétaire
latribune.fr
La paralysie budgétaire pourrait affecter plusieurs agences du DHS, notamment la FEMA, chargée de la gestion des catastrophes naturelles, ainsi que la TSA, responsable des contrôles de sécurité dans les aéroports.
Faute d’accord au Congrès sur les pratiques de la police de l’immigration, le ministère américain de la Sécurité intérieure est entré en « shutdown » partiel. Des milliers de fonctionnaires sont concernés, tandis que les tensions politiques autour de l’ICE s’intensifient au début du second mandat de Donald Trump.
Nouveau blocage à Washington. Le Department of Homeland Security (DHS), dont dépend la police de l’immigration (ICE), se retrouve privé de budget après l’échec des négociations au Congrès. Des milliers de fonctionnaires seront mis au chômage technique dans les prochains jours, tandis que les personnels jugés essentiels continueront de travailler sans percevoir leur salaire jusqu’à l’adoption d’un texte budgétaire.
Les démocrates justifient le blocage par leur volonté d’imposer de profondes restrictions à l’ICE, dont les pratiques sont vivement contestées. Leur opposition s’est renforcée après la mort, à quelques semaines d’intervalle en janvier, de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis.
Le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a dénoncé une politique brutale : « Les dollars des contribuables devraient être utilisés pour rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas pour les brutaliser ou les tuer ».
Des effets possibles dans les aéroports
La paralysie budgétaire pourrait affecter plusieurs agences du DHS, notamment la FEMA, chargée de la gestion des catastrophes naturelles, ainsi que la TSA, responsable des contrôles de sécurité dans les aéroports. Cette dernière a averti sur X qu’un blocage prolongé pourrait entraîner des pénuries de personnel, avec « des conséquences notables aux aéroports, notamment des retards, des délais d’attente plus longs et des annulations de vols ».
En revanche, l’ICE pourra continuer d’opérer grâce à des financements déjà approuvés l’an dernier par le Congrès. Le sénateur démocrate John Fetterman, rare voix de son camp à s’opposer au « shutdown », a estimé que la paralysie fédérale aurait « littéralement zéro impact » sur la police de l’immigration.
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Au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire. Bien que majoritaires, les républicains ont besoin du soutien de plusieurs élus démocrates.
Le chef des républicains au Sénat, John Thune, a averti que l’opposition n’obtiendrait « jamais tous les souhaits sur leur liste ». Les démocrates réclament notamment la fin des patrouilles volantes de l’ICE, l’interdiction pour les agents de dissimuler leur visage et l’obligation d’obtenir un mandat judiciaire avant toute arrestation d’un migrant.
La Maison Blanche, par la voix de sa porte-parole Karoline Leavitt, a accusé l’opposition d’agir pour « des raisons politiques et partisanes », tout en assurant être prête à poursuivre les négociations.
Les parlementaires sont partis en vacances pour une semaine jeudi soir, mais pourraient être rappelés en cas d’avancée. Cette paralysie partielle est la troisième depuis le début du second mandat de Donald Trump, après un blocage de quelques jours début février, déjà lié à l’ICE, et celui d’octobre-novembre dernier, qui avait duré 43 jours, un record récent.