L’ultimatum budgétaire du Premier ministre belge : 10 milliards d’économies ou la démission du gouvernement
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La Belgique au bord de la crise politique, Bart De Wever menace de démissionner.
Commission européenne
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La Belgique au bord de la crise politique, Bart De Wever menace de démissionner.
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Bart De Wever s'offre un sursis à la tête du gouvernement belge. Le Premier ministre (N-VA, parti nationaliste flamand) a annoncé ce jeudi devant les députés que la coalition au pouvoir en Belgique, divisée sur les questions budgétaires, disposait d'un nouveau délai de 50 jours maximum pour conclure un accord. Il avait fixé initialement la date butoir du 6 novembre pour y parvenir. Il est désormais exclu qu'un projet de budget de l'État fédéral pour 2026 puisse être adopté par le Parlement avant fin 2025.
L’enjeu est de taille : 10 milliards d’euros d’économies sur la période 2026-2029, un effort jugé indispensable pour ramener le pays dans les clous européens. La Belgique partage en effet avec la Grèce, l’Italie et la France le fardeau d’un endettement public parmi les plus élevés de la zone euro.
Arrivé au pouvoir en février, le conservateur flamand Bart De Wever ambitionne de restaurer la santé financière du pays via des réformes structurelles. Au programme : libéralisation du marché du travail, révision des droits au chômage et réforme des retraites. Des mesures ambitieuses, voire inédites, qui se heurtent à la division des cinq partis de la coalition. L’ampleur des réformes et la méthode pour dégager ces économies, rendues d’autant plus urgentes par l’augmentation des dépenses militaires face à la menace russe, cristallisent les tensions.
Le point de friction principal réside dans la proposition de Bart De Wever de réduire certaines allocations et dépenses de santé, mais surtout de relever la TVA. Une ligne rouge pour les libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR), pourtant alliés de droite, qui refusent catégoriquement toute hausse de la fiscalité. Fin octobre, le Premier ministre a été clair : sans accord à présenter aux députés le 6 novembre après-midi, il « ferait rapport » au roi Philippe de cette impasse, signifiant de facto sa démission.
Au sein du parti du Premier ministre (N-VA), cet ultimatum était perçu comme un coup de pression nécessaire. Theo Francken, ministre de la Défense et membre de la N-VA, a martelé cette semaine que « le budget est horrible, la dette nationale est horrible, on doit prendre des mesures fortes » et « continuer avec ce gouvernement ». Il avait appelé au compromis, jugeant « fou » de provoquer une démission dans l’actuel contexte géopolitique. Les services de sécurité et la Défense sont en alerte face à la multiplication des survols de drones suspects au-dessus de sites stratégiques.
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Ce jeudi matin, Bart De Wever devait d’ailleurs présider une réunion d’urgence du conseil national de sécurité à Bruxelles. De nouveaux signalements de drones aux abords de grands aéroports ont entraîné la fermeture de l’espace aérien dans la nuit de mardi à mercredi, ajoutant une couche de complexité à la situation.
Pour Jean Faniel, directeur du Centre de recherche et d’information socio-politiques (Crisp), ce contexte sécuritaire pèse lourdement sur le Premier ministre. « Annoncer une démission le jour d’un conseil de sécurité sur les drones entamerait son image sur la scène européenne où il aime se présenter comme un homme d’État capable de peser », analysait l’expert. Jean Faniel s’interrogeait également sur la stratégie du Premier ministre, qui s’est « enfermé dans un calendrier et une exigence chiffrée ». Il soulève la question de la perception d’un accord à 7 ou 8 milliards d’euros : « On dira qu’il est mauvais alors que c’est déjà un effort conséquent ? »
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La Belgique, connue pour son paysage politique fragmenté et sa réputation de « pays ingouvernable », a déjà connu une période record de 541 jours sans gouvernement de plein exercice en 2010-2011. Les élections législatives de 2019 et 2024 ont respectivement nécessité seize et sept mois de tractations pour former une coalition. Mercredi, Bart De Wever a multiplié les tête-à-tête avec les chefs de partis partenaires pour tenter d’arracher un accord budgétaire in extremis.
(Avec agences)
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