Donald Trump avait annoncé en avril dernier une série de droits de douane sur tous les produits entrant aux États-Unis, qu'il avait alors présentés comme étant " réciproques ".
/FW1HFS/Vijay Vaidyanathan - REUTERS - Carlos Barria
Les Etats-Unis ont signé un accord avec le gouvernement taïwanais pour ramener les droits de douane de 20 % à 15 %. Un traitement équivalent à l'Europe et au Japon.
Bonne nouvelle pour les entrepreneurs taïwanais : le pays a signé un accord commercial avec les États-Unis qui ramène les taxes douanières de 20% à 15% maximum. Dans le même temps, les médicaments génériques, les principes actifs, les ressources naturelles non disponibles aux États-Unis et les composants pour l'aviation ne se verront appliquer aucun droit de douane.
En contrepartie, les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs sont contraintes d'investir « au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis pour y développer la production, et 250 milliards de dollars supplémentaires pour « renforcer l'écosystème et la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs aux États-Unis », a indiqué le département du Commerce dans un communiqué.
« Notre objectif est d'amener 40 % de la chaîne d'approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux États-Unis », a déclaré le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, dans un entretien accordé à la chaîne CNBC.
« Nous avons besoin de ces semi-conducteurs pour notre sécurité nationale, qu'ils soient fabriqués aux États-Unis? Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un pays situé à près de 15 000 km pour nous livrer ces produits qui sont essentiels à notre sécurité nationale », a-t-il dit.
Le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, dont le bénéfice net a bondi de 35 % au quatrième trimestre 2025, avait déjà promis il y a un an d'investir 100 milliards de dollars supplémentaires aux États-Unis. D'après Howard Lutnick, TSMC a acheté du terrain et pourrait accroître sa présence en Arizona du fait de l'accord.
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Selon le communiqué, le gouvernement taïwanais doit soutenir les investissements américains dans l'industrie des semi-conducteurs taïwanaise, l'intelligence artificielle (IA), les technologies de défense, les télécommunications et la biotechnologie.
Sur un pied d'égalité avec l'UE, Tokyo et Séoul
Pour rappel, Donald Trump avait annoncé en avril dernier une série de droits de douane sur tous les produits entrant aux États-Unis, qu'il avait alors présentés comme étant « réciproques ». Le président américain avait menacé d'imposer une taxe douanière de 32 % sur les exportations taïwanaises, avant de l'abaisser à 20 %.
L'accord annoncé ce jeudi revient à mettre les droits de douane appliqués aux produits taïwanais au même niveau que les européens et les japonais, également encadrés par des accords commerciaux signés ces derniers mois.
Les produits de l'Union européenne (UE) sont taxés à hauteur de 15 %, ceux du Royaume-Uni à 10 %. La Suisse est à 39 %, le Canada à 35 %, l'Afrique du Sud à 30 %. L'Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande et le Cambodge subissent des surtaxes de 19 %, le Vietnam et le Bangladesh de 20 %.
Décision attendue de la Cour suprême
Certains pays subissent des droits de douane supplémentaires, pour leur implication, selon Washington, dans le trafic de fentanyl vers les États-Unis (Canada, Chine, Mexique), pour leurs achats de pétrole russe sous sanction (Inde) ou pour avoir poursuivi en justice, et emprisonné, un allié de Donald Trump (Brésil).
Ces droits de douane généralisés pourraient être rendus caducs par la Cour suprême des États-Unis, qui doit déterminer, dans une décision attendue dans les prochains jours, si leur mise en place s'est faite dans le respect de la Constitution américaine ou non.
La Chine « résolument » opposée à l'accord avec Taïwan
Pékin a dit ce vendredi s'opposer « résolument » à l'accord commercial conclu par les États-Unis avec Taïwan. « La Chine s'oppose systématiquement et résolument à tout accord ayant des implications en matière de souveraineté ou un caractère officiel, signé entre des pays avec lesquels elle a des relations diplomatiques et la région chinoise de Taïwan », a dit lors d'un point presse un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun. Il a pressé les États-Unis de « respecter scrupuleusement le principe d'une seule Chine », alors que Pékin revendique Taïwan comme partie intégrante de son territoire.