Nvidia surpasse les attentes et ravive l'appétit IA
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Les résultats de Nvidia s'inscrivent dans un contexte de craintes croissantes d'une bulle financière autour de l'intelligence artificielle.
TM/ - REUTERS - Toby Melville
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Les résultats de Nvidia s'inscrivent dans un contexte de craintes croissantes d'une bulle financière autour de l'intelligence artificielle.
TM/ - REUTERS - Toby Melville
La planète retenait (presque) son souffle, tandis que les marchés tentaient de contrôler leur rythme cardiaque. Et les résultats sont donc tombés ce mercredi soir. Nvidia, pour le troisième trimestre de son exercice décalé 2025-2026, a une nouvelle fois déjoué les scénarios sombres de la « bulle IA ». Sur la période août-octobre, Nvidia affiche un chiffre de 57 milliards de dollars, en hausse trimestrielle de 22% et annuelle de 62%. Le consensus tablait sur un chiffre d'affaire de 54,6 milliards de dollars. Un écart « consensus-réalisé » de 2,4 milliards source d’euphorie pour les investisseurs.
Le segment des centres de données a atteint, à lui seul, un chiffre d'affaires de 51,2 milliards de dollars au cours du trimestre clos le 26 octobre. Les analystes, décidément bien trop timides quand il s'agit de Nvidia, tablaient sur des ventes de 48,62 milliards de dollars. Au global, le bénéfice net, toujours pour le troisième trimestre, a bondi de 65% sur un an et de 21% en glissant, à 31,9 milliards de dollars.
En guise de cerise sur la gâteau, Nvidia a annoncé qu'il s'attendait à voir son chiffre d'affaires s'établir à 65 milliards de dollars au cours du quatrième trimestre, contre un consensus initial de 61,6 milliards de dollars. Face à cette perspective, l'action Nvidia a progressé de plus de 3% lors des échanges après la clôture de Wall Street. Cette hausse, conjuguée à celle d'autres actions liées à l'IA, a entraîné mercredi soir un gain combiné de plus de 300 milliards de dollars en capitalisation boursière dans les 30 minutes qui ont suivi la publication des résultats de Nvidia.
Ces résultats, très attendus et pour l'heure rassurants, s'inscrivent malgré tout dans un contexte de craintes croissantes d'une bulle financière autour de l'intelligence artificielle. Nvidia, qui avait dépassé fin octobre le cap symbolique des 5 000 milliards de dollars de valorisation boursière, est une figure de proue du mouvement d'investissements massifs des géants de la tech dans l'IA, sur lesquels les marchés ont de plus en plus de doutes.
Parmi les griefs, figure le caractère endogame du secteur, qui s'auto-alimente avec des accords entre les poids lourds de la tech en vase clos, sans lien réel avec le reste de l'économie. « Tout l'écosystème lié à l'IA ressemble à une poignée d'entreprises qui s'échangent des milliards sans qu'on ne voie vraiment d'argent entrer depuis l'extérieur », résume ainsi Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank. S'y ajoute la course au gigantisme des data centers, très gourmande en capitaux, à laquelle se conjugue des besoins en électricité tout aussi colossaux qui mettent sous tension le secteur de l'énergie.
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En parallèle des résultats de Nvidia, les marchés ont digéré les "minutes" de la Réserve fédérale américaine (Fed), compte-rendu de la dernière réunion d'octobre de l'institution financière, lors de laquelle elle avait diminué ses taux directeurs. Ces minutes montrent que la Fed a abaissé ses taux malgré l'inquiétude sur l'inflation.
Pour y voir un peu plus clair, les investisseurs attendent de prendre connaissance jeudi des données sur l'emploi américain de septembre. La publication de ces statistiques avait été suspendue en raison du "shutdown" aux Etats-Unis. Mais ces données « désormais vieilles et peu pertinentes » apporteront « un éclairage limité sur l'état du marché du travail, avant un test plus important la semaine prochaine avec les chiffres d'inflation », estime Kyle Rodda, analyste chez Capital.com. Le rapport officiel sur l'état de l'emploi en octobre aux Etats-Unis ne sera pas, en revanche, publié en raison de la paralysie budgétaire qui a perturbé la collecte des données.
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Une absence d'indicateurs « frais » qui risque d'alimenter l'incertitude quant aux orientations à venir de la Réserve fédérale. Un marché du travail au ralenti permettrait à la Fed de justifier une nouvelle baisse des taux afin de soutenir l'activité économique. Des chiffres solides soutiendraient, en revanche, l'hypothèse d'une pause dans le desserrement monétaire. Un scénario redouté par les marchés.
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