Électricité renouvelable : le fournisseur Alterna énergie entre dans la cour des grands

Le parc éolien de Millac (Vienne) opéré par Alterna énergie.
Alterna énergie

Le parc éolien de Millac (Vienne) opéré par Alterna énergie.
Alterna énergie
C’est une opération de grande envergure sur le marché français de l’énergie. Après cinq ans de croissance organique, Alterna énergie, la filiale du groupe Sorégies à Poitiers, réalise une opération de croissance externe qui lui fait gagner quatre ans sur son plan stratégique.
« Alterna devient le 4e fournisseur d’électricité sur le marché national derrière les grands énergéticiens (EDF, Engie et TotalEnergies) », se réjouit Frédéric Bouvier, président du directoire du groupe Sorégies et président d’Alterna énergie.
Le fournisseur alternatif d’énergie a annoncé ce mardi 17 février avoir finalisé l’acquisition de Vattenfall énergies France, filiale française de l’énergéticien suédois qui opère dans sept pays. « C’est l’équivalent d'EDF en Suède », souligne Frédéric Bouvier. Cette opération s'inscrit dans un contexte « de repriorisation des investissements du groupe Vattenfall », explique Marie-Laetitia Gourdin, responsable affaires publiques et communication chez Vattenfall qui se concentre notamment sur les marchés du nouveau nucléaire, de l'éolien, du stockage et de la distribution.
Leur point commun ? « L'actionnariat public et une culture de l'intérêt général », souligne Antonin Marcault, directeur général d'Alterna énergie. Vattenfall est un groupe public 100 % détenu par l'État suédois tandis qu'Alterna énergie est détenu à 100 % par cinquante entreprises locales d’énergie et joue la carte d’un ancrage territorial fort. « Fondée il y a vingt ans, Alterna se définit comme l'énergie du coin », rappelle Antonin Marcault, directeur général d'Alterna énergie qui adresse les PME/PMI jusqu’aux grands comptes en passant par les collectivités et les particuliers.
Sur ce segment du BtoC relancé en 2021, Alterna annonce avoir dépassé les 100 000 clients l’année dernière.
L’entreprise, qui s'est également développée sur le segment des contrats long-terme PPA (power purchase agreement), a signé avec plusieurs industriels français jusqu'en 2040. « Notre portefeuille client a été multiplié par cinq ces cinq dernières années », assure Antonin Marcault qui met en avant une complémentarité des portefeuilles entre les deux entités avec, sur le marché des professionnels, un prisme plus industriel historiquement côté Vattenfall et plus tertiaire pour Alterna énergie.
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Au global, à l’issue de cette opération, dont le montant n’a pas été dévoilé, Alterna énergie doublera son portefeuille clients (de 145 000 à près de 340 000 clients) ainsi que le volume d’énergie consommé (de 5 à 10 térawattheures). « Alterna acquiert des clients, des approvisionnements associés aux contrats déjà signés et des équipes pour passer de 88 à 153 collaborateurs. Aucun actif de production n'est en revanche inclus dans la vente », précise Frédéric Bouvier qui rappelle que le groupe Sorégies a annoncé en juin dernier un plan d’investissement de 1,5 milliard d’euros d’ici à 2030 pour multiplier par deux ses activités de producteur, d’agrégateur et de fournisseur d’électricité renouvelable.
La priorité est clairement donnée à l’électricité renouvelable. « Fin 2026, sur les 11 TWh fournis dont 75 % d’électricité, nous serons à 5,6 TWh d’électricité renouvelable agrégée, principalement de sources éoliennes et hydroélectriques, soit les deux tiers de l’électricité fournie par le groupe », annonce Frédéric Bouvier. « Cela rend Alterna énergie très résilient par rapport à la volatilité des marchés de l'énergie et aux évolutions réglementaires. » À horizon 2030, Alterna a l’ambition de couvrir 100 % des approvisionnements de ses clients, chaque mois de l’année, avec de l’électricité renouvelable.
« Cela fera l’objet d’investissements, essentiellement de croissance externe compte tenu de la vélocité recherchée. Le changement d’échelle nous semble indispensable pour pouvoir déployer le modèle d'entreprise intégré (production, agrégation, fourniture) du groupe Sorégies autour des énergies renouvelables électriques dans le paysage français », conclut Frédéric Bouvier.
Le gaz qui représente 25 % des volumes commerciaux est vu comme une énergie de transition « qu'on ne priorise pas et qu'on vise surtout à verdir sur toute sa chaîne de valeur », explique-t-il.
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La réalisation définitive de cette acquisition, qui pourrait intervenir fin mars, est toutefois soumise à l'approbation de l'Autorité de la concurrence. Une procédure qui doit prendre quatre à six semaines. Le nouvel ensemble, constitué de trois sites à Poitiers pour les sièges sociaux et Boulogne-Billancourt et près de Mulhouse pour Vattenfall dont les bureaux sont conservés, représentera plus d'un milliard d'euros de chiffre d’affaires.