EXCLUSIF. Le premier bloc de l’usine européenne de batteries, attendu à pleine capacité fin 2025, reste freiné par de sérieux problèmes industriels. La co-entreprise Stellantis-Mercedes-TotalEnergies voit ainsi son modèle menacé, au moment où la concurrence chinoise s’intensifie et où la montée en compétence des équipes devient urgente.
Mise à jour le 8/12/25 à 18h22 : contrairement à ce que nous avions écrit, il faut, en moyenne, 100 cellules et non 500 pour fabriquer une batterie.
« L'Airbus des batteries », tant abreuvé par l’État et l'Europe, est encore bien cloué au sol. Deux ans et demi après son inauguration, la gigafactory d'Automotive Cells Company (ACC) illustre tout le mal que rencontre l'Europe à rattraper son retard industriel sur la Chine. Alors qu'elle devrait actuellement approcher le maximum de ses capacités, l'usine de Billy-Berclau dans le département du Pas-de-Calais se trouve toujours noyée dans les ratés de la production de batteries en grande série.
Selon nos informations, confirmées par la direction, la production quotidienne du site dépasse à peine les 10 000 cellules. À raison d'une centaine de cellules nécessaires en moyenne pour produire un pack, le fleuron européen de la mobilité électrique génère environ 100 batteries par jour. En un an, l'industriel n'a équipé que 10 000 véhicules contre 50 000 espérés.
La Chine, leader incontesté des volumes et des prix, n'a pas de quoi trembler. A une trentaine de kilomètres à peine, la gigafactory d’AESC, filiale du chinois Envision, affiche déjà une productivité similaire à celle d’ACC bien qu’elle se soit lancée près de 18 mois plus tard.
Les capacités de production du Français n’atteignent même pas 20% de leur plein potentiel, évalué à 60 000 cellules quotidiennes. En cause : de nouvelles difficultés de production qui entravent la marche en avant de la favorite des pouvoirs publics.
« Au-delà des difficultés rencontrées sur le mélange des matières premières, qui est le premier maillon de la chaîne de production, la gigafactory fait aussi face à des problèmes mécaniques sur ses machines. Autrement dit, le procédé de production n’est pas encore maîtrisé et l’outil de production pose problème », résume une source bien informée.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.