Le bénéfice d’Aramco bondit de 25 % grâce à la flambée des prix du pétrole
latribune.fr
Détenu majoritairement par l'État saoudien, Aramco demeure la principale source de financement du programme Vision 2 030 porté par le prince héritier Mohammed ben Salmane.
Le géant pétrolier saoudien Aramco a enregistré une forte hausse de son bénéfice net au premier trimestre, profitant de l’envolée des cours du brut provoquée par la guerre au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz.
Le choc pétrolier profite pleinement à l’Arabie saoudite. Le groupe Aramco a annoncé dimanche un bénéfice net trimestriel en hausse de 25,5 %, à 120,13 milliards de rials saoudiens (32 milliards de dollars), contre 95,68 milliards un an plus tôt.
Le premier exportateur mondial de pétrole bénéficie directement de la flambée des prix du brut provoquée par la guerre déclenchée fin février contre l’Iran par les États-Unis et Israël. Le conflit a entraîné le blocage partiel du détroit d’Ormuz par Téhéran, une route maritime stratégique par laquelle transite habituellement près d’un cinquième de la consommation mondiale d’hydrocarbures.
Le baril de Brent a ainsi atteint en moyenne près de 100 dollars en mars, contre environ 70 dollars avant le début des hostilités, avec des pics à 120 dollars.
Aramco s’appuie sur son oléoduc stratégique
Dans un communiqué publié à la Bourse saoudienne, Aramco explique cette progression par « une augmentation des revenus et autres produits liés aux ventes », malgré la hausse parallèle des coûts d’exploitation.Le groupe met également en avant sa capacité à maintenir ses exportations malgré les perturbations dans le Golfe.
Grâce à son immense oléoduc est-ouest reliant les installations du Golfe aux terminaux situés sur la mer Rouge, Aramco a pu continuer à acheminer quotidiennement plusieurs millions de barils vers les marchés internationaux. Le directeur général du groupe, Amin Nasser, a qualifié cette infrastructure d’« artère vitale » ayant permis d’atténuer « les effets du choc énergétique ».
Cette performance marque la première progression trimestrielle du bénéfice d’Aramco après douze trimestres consécutifs de recul.
Le pétrole reste vital pour Riyad
Détenu majoritairement par l’État saoudien, Aramco demeure la principale source de financement du programme Vision 2 030 porté par le prince héritier Mohammed ben Salmane.
Ce vaste plan vise à diversifier l’économie saoudienne afin de réduire sa dépendance au pétrole. Mais les finances du royaume restent très largement liées aux revenus pétroliers. La semaine dernière, le ministère saoudien des Finances a annoncé un déficit budgétaire de 126 milliards de rials, soit environ 33,6 milliards de dollars.
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Aramco n’est pas le seul groupe énergétique à profiter de la volatilité des marchés provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Fin avril, TotalEnergies avait lui aussi annoncé une hausse de 51 % de son bénéfice net trimestriel.
Dans le même temps, l’Opep + - menée par l’Arabie saoudite et la Russie - a confirmé début mai une hausse de sa production pétrolière pour juin, avec 188 000 barils supplémentaires par jour. Malgré le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, les tensions restent fortes dans la région.
Début mars, Amin Nasser avait averti que « plus la perturbation se prolongera, plus les conséquences seront catastrophiques pour les marchés pétroliers mondiaux », insistant sur la nécessité d’une reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.