Les cours du pétrole grimpent, le marché ayant revu à la hausse le risque d'intervention américaine en Iran, lié à plusieurs articles de presse, au déploiement militaire massif des États-Unis dans la région, et aux déclarations de Donald Trump.
Les informations à retenir
Pétrole : le risque de guerre entre les États-Unis et l’Iran fait monter les cours
- Les cours augmentent, les marchés anticipant le risque d'une attaque américaine sur l'Iran.
- Les États-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et avions de guerre par dizaines.
- Les deux pays ennemis ont pourtant achevé mardi près de Genève une deuxième session de pourparlers indirects.
Pourquoi reparle-t-on d'une guerre entre les États-Unis et l'Iran ? Les risques d’un conflit entre les États-Unis et l’Iran ont été réévalués à la hausse ces dernières heures. De quoi faire monter les cours du pétrole, qui ont terminé en forte progression mercredi. CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si Donald Trump n'a selon eux pas encore pris de décision finale. Selon le Wall Street Journal, citant des responsables américains anonymes, le président a été informé d'options militaires, dont une visant à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ». De son côté, le journaliste d'Axios, Barak Ravid, très introduit dans les cercles gouvernementaux aux États-Unis et en Israël, a notamment rapporté cette déclaration d'un conseiller de Trump : « Le patron en a assez. Certaines personnes de son entourage le mettent en garde contre une guerre avec l'Iran, mais je pense qu'il y a 90 % de chances que nous assistions à une action militaire dans les prochaines semaines ».
En réaction à de nombreux articles de presse, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a déclaré qu'il existait « de nombreuses raisons et arguments en faveur d'une frappe contre l'Iran », ajoutant que Téhéran « serait bien avisé de conclure un accord » avec Washington. Ce jeudi après-midi, Donald Trump a dit vouloir un accord « pertinent » avec l'Iran, sans quoi « de mauvaises choses » arriveront. Avant d'ajouter qu'il se donnait « dix jours » pour décider si un accord avec Téhéran est possible.
Un déploiement massif de ressources américaines. La tension du marché « correspond aussi à ce que nous observons en termes de déploiement des ressources américaines au Moyen-Orient », commente auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital. Les États-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et avions de guerre par dizaines. Le pays dispose de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires autour de l'Iran et a dépêché deux porte-avions.
Dans ce contexte, le premier ministre polonais Donald Tusk a demandé aux citoyens polonais en Iran de quitter immédiatement le pays, en raison du risque de conflit armé.
« Il est assez évident (...) que les spéculations s'intensifient d'heure en heure sur le fait que nous nous rapprochons de plus en plus d'hostilités » au Moyen-Orient, relève John Kilduff. Selon lui, cela constitue « une menace réelle pour une grande partie de l'approvisionnement en pétrole ».
L'impact sur les cours du pétrole. Après avoir pris plus de 4 % la veille, les cours continuaient de grimper ce jeudi. Le cours du baril de pétrole américain a même atteint son plus haut niveau depuis six mois. Vers 13H45 GMT (14H45 à Paris), le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, gagnait 2,19 % à 66,62 dollars, après avoir touché 66,71 dollars, au plus haut depuis août dernier. Le Brent, la référence internationale, prenait 2 % à 71,76 dollars.
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Le principal risque sur le marché pétrolier en cas d'escalade militaire est celui du blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale d'or noir. Il a déjà été fermé partiellement en début de semaine par l’Iran qui menait des exercices militaires. Les opérateurs s'inquiètent aussi du devenir des infrastructures d'hydrocarbures de l'Iran, l'un des dix premiers producteurs de pétrole au monde. Un embrasement régional pourrait également menacer la production d'autres pays, comme l'Irak, les Émirats arabes unis ou le Koweït.
L'Iran a lui aussi multiplié les menaces de riposte en cas d'attaque, dont le blocage du détroit d’Ormuz. « Même un simple doute concernant la sécurité dans le détroit pousserait de nombreux navires, pour des raisons d’assurance, à rencontrer des difficultés à le traverser, car les primes augmenteraient fortement », souligne Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Des discussions entre les deux parties. Les États-Unis et l'Iran ont pourtant achevé mardi près de Genève une deuxième session de pourparlers indirects, via une médiation omanaise. À l'issue de cette séance, Téhéran et Washington ont indiqué qu'ils allaient poursuivre les discussions - gelées en juin par la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne en Iran - mais ont souligné être loin d'avoir rapproché leurs positions.
Après cette deuxième session, le vice-président américain JD Vance a noté que les divergences persistaient sur les « lignes rouges » américaines. De son côté, l'Iran avait assuré s'être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs ». Les États-Unis empêcheront l'Iran de se doter de l'arme nucléaire « d'une manière ou d'une autre », avait plus tôt mis en garde le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright.