Les papeteries de Condat à vendre : l’ultime sursis d'une usine emblématique et modernisée

Le site des papeteries de Condat produit du papier depuis le début du 20e siècle.
Lecta

Le site des papeteries de Condat produit du papier depuis le début du 20e siècle.
Lecta
Après des semaines de pression et de silence, l'actionnaire cède. Le groupe espagnol Lecta, propriétaire des papeteries de Condat depuis 1998, met en vente le site industriel centenaire. Une information révélée par le média Ici Périgord hier à la suite d'un CSE où le nouveau président de l'usine a annoncé le départ de Lecta. Salariés et élus locaux le réclamaient depuis des semaines, souhaitant trouver un repreneur au plus vite.
Les syndicats avaient alerté cet été sur la forte baisse d'activité du site, qui conduit la dernière ligne de production de la papeterie à ne tourner qu'une vingtaine de jours par mois. Celle-ci produit de la glassine, un papier brillant notamment destiné au secteur des étiquettes. Avec un faible carnet de commandes, la cadence n'est pas suffisante pour occuper les 202 salariés du site, dont les salaires n'ont été garantis que jusqu’à la fin de l'année 2025. À son pic historique, le complexe industriel de 30 hectares a compté plus de 1 200 ouvriers.
La dernière ligne française de papier couché, utilisé pour imprimer les romans des maisons d'édition, avait fermé sur place en 2023, actant le licenciement de 174 salariés. Dans le même temps, Lecta avait pourtant investi pour décarboner l'usine. 30 millions d'euros ont été mis pour remplacer l'installation au gaz par une chaudière biomasse, dont 14 millions d'euros d'argent public abondé par l'Ademe. La Région Nouvelle-Aquitaine a quant à elle prêté 19 millions d'euros sur un total de 60 millions nécessaires pour ériger la nouvelle ligne dédiée à la glassine. Deux outils flambant neuf mais orphelins de projet industriel cohérent.
Au sud de la Dordogne, le territoire attend donc impatiemment l'arrivée d'un nouveau fonds ou d'un groupe industriel capable de relancer la machine. « Plusieurs acteurs intéressés par une reprise se sont déjà manifestés », évoquait il y a quelques semaines Philippe Delord, délégué CGT de l'usine. Les élus attachés à cette industrie historique souhaitent à tout prix éviter la liquidation.
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Si l'outil industriel est attrayant, l'endettement constitue en revanche un gros point noir. Il s'élèverait à près d'un demi-milliard d'euros selon nos informations. Un fardeau qui rend probable le passage par une phase de redressement judiciaire voire de liquidation. Cette dernière option permettrait au repreneur de s'alléger du lourd passif. Si cette piste se confirme, l'avenir proche s'annonce intenable pour les salariés qui risqueraient de voir leurs emplois ainsi supprimés mais pas avant plusieurs mois. La direction se laisse jusqu'à la fin de l'année pour trouver un candidat à la reprise.
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