EXCLUSIF. La succession de Philippe Boucly à la présidence de France Hydrogène est ouverte. Trois candidats s’affrontent pour prendre les rênes du lobby, sur fonds de tensions financières et de départs d’adhérents.
La course à la présidence de France Hydrogène est lancée, alors que la filière cherche un second souffle. Selon nos informations, Mikaa Mered (enseignant et chercheur), Nicolas Brahy (directeur des affaires publiques du fonds d’investissement Hy24), ainsi que Franck Le Baron (vice-président adjoint « hydrogène » d’Engie) se sont portés candidats pour prendre les rênes du lobby.
Un temps pressentie, la CEO de Genvia, Florence Lambert, se positionne finalement pour la vice-présidence, en concurrence avec Jean-Michel Amaré, dirigeant d’Atawey. De son côté, l’actuel président, Philippe Boucly, ne brigue pas de nouveau mandat à la tête de l’organisation, mais souhaite rester au conseil d’administration.
D’après La Lettre, le septuagénaire aurait été poussé vers la sortie par plusieurs adhérents, sur fond de difficultés rencontrées par l’association, à l’image de celles qui secouent l’ensemble de la filière. Une version contestée par l’intéressé. « L’heure est au renouvellement de la gouvernance : huit ans, c’est suffisant », glisse-t-il à La Tribune. Arrivé dans le secteur de l’hydrogène fin 2013, il a notamment occupé le poste de premier vice-président aux côtés de Pascal Mauberger (fondateur de McPhy, alors en pleine ascension jusqu’à sa récente faillite) avant de prendre la présidence de France Hydrogène en 2017.
« Ce sera lui ou moi »
Parmi les trois prétendants à sa succession, Philippe Boucly se retrouve en concurrence directe avec Mikaa Mered. En effet, pour accéder à la présidence, encore faut-il être préalablement élu au conseil d’administration. Or, les deux hommes s’affrontent pour représenter le collège des « services transverses » des TPE et PME. « Ce sera lui ou moi », résume Philippe Boucly. « S’il est nommé, cela montrera une volonté de continuité. Si non, il y aura un message fort de changement », note Mikaa Mered.
Chercheur en géopolitique de l’hydrogène, ce dernier coordonne notamment la Task Force Hydrogène de Medef International. Il entend porter une vision plus « internationale » du secteur, axée sur l’export, et « revoir la manière dont l’hydrogène est présenté » aux responsables politiques et au grand public en France. « Une petite musique négative se fait entendre depuis deux ans. S’il y a des difficultés réelles, il faut le dire et les expliquer. Mais la filière rebondit depuis le second semestre 2025 », estime-t-il. Lui cherche à s’éloigner du «lobbying »pour faire de l’association une fédération professionnelle plus proche du terrain.
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