GNL : le pari gazier de TotalEnergies à l’épreuve de la surcapacité mondiale
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Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, lors d'une conférence à Abu Dhabi en novembre 2025.
AFP - GIUSEPPE CACACE
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Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, lors d'une conférence à Abu Dhabi en novembre 2025.
AFP - GIUSEPPE CACACE
Le « business parfait » de TotalEnergies est-il en train de changer de visage ? « LNG is a big business for us. It is a perfect business », affirmait Patrick Pouyanné, son PDG, en 2023 lors d’une conférence à Abou Dabi. La major des hydrocarbures voit en effet dans le gaz naturel liquéfié (GNL) « une contribution fondamentale à la transition écologique », notamment pour accompagner son développement dans les renouvelables. Et ce, bien qu’il s’agisse d’un combustible fossile émetteur de CO₂.
La multinationale a ainsi fait du GNL un axe majeur de sa stratégie et détient désormais 10 % des parts de marché à l’échelle mondiale avec 44 millions de tonnes vendues en 2025. TotalEnergies est ainsi devenu leader de l’importation de GNL en Europe après que l'Europe se soit détourné du gaz russe importé par gazoduc. C’est aussi le premier exportateur de GNL américain. « Les clients nous voient comme un acteur de la sécurité d’approvisionnement », s’est félicité Patrick Pouyanné à l’occasion de la publication des résultats annuels, ce mercredi 11 février. Une publication marquée par le recul de 15 % du résultat net ajusté de l’entreprise, reflétant la baisse des cours du pétrole, partiellement compensée par une hausse des volumes vendus.
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Seulement voilà, après avoir largement profité des prix élevés sur un marché très volatil en 2022, 2023 et 2024, TotalEnergies fait désormais face à une nouvelle donne. Le marché mondial du GNL s’apprête, en effet, à changer radicalement de dimension, passant de 430 millions de tonnes de capacités de production actuellement à 600 millions de tonnes attendues en 2028, soit une hausse de 50 % en l’espace de trois ans. « Nous sommes au début d'une vague de production de GNL sans précédent », commentait récemment Laurent Néry, directeur des analyses de marché chez Engie. De quoi pousser mécaniquement le prix de marché à la baisse. Alors qu’il se situe actuellement autour de 12 dollars par mmBtu, TotalEnergies s’attend à ce que les prix avoisinent les 10 dollars, puis 8 dollars à l’horizon 2028. « Les prix vont baisser doucement mais sûrement », anticipe le patron du géant des hydrocarbures.