Alors que le réacteur Tihange 1 a été arrêté, l’exécutif belge cherche à éviter sa fermeture définitive quand bien même Engie refuse catégoriquement de poursuivre son exploitation. Le gouvernement espère donc convaincre un nouvel exploitant, possiblement EDF. Mais ce qui apparaît, à première vue, comme une opportunité pour l’électricien tricolore, pourrait se révéler une piste bien plus hasardeuse.Faire en sorte que la fermeture du réacteur nucléaire Tihange 1, arrêté le 1er octobre dernier, ne soit pas définitive. Voilà ce sur quoi planche ardemment Mathieu Bihet, le ministre belge de l’Énergie. Ce dernier défend depuis des mois le retour de l’atome civil dans la stratégie de la monarchie fédérale pour assurer sa souveraineté énergétique.
Le désormais dénommé « Atomic Boy » a obtenu une première victoire en mai dernier après que la chambre des représentants a amendé en profondeur les dispositions de la loi de 2003. Le développement de la production électrique à partir de la fission nucléaire dispose désormais d’un cadre légal alors que le texte législatif, dans sa mouture initiale, organisait justement la sortie progressive du Plat Pays de l’atome civil.
Un timing serré pour l’exécutif belge
Ce nouveau défi concernant Tihange 1 reste toutefois de taille : Engie, qui exploitait jusqu’à présent cette tranche nucléaire, s’est formellement opposé à toute prolongation et est, selon une source proche du dossier, bien décidé à débuter les premières opérations irréversibles de démantèlement très prochainement. Un insert comportant du combustible pourrait ainsi être découpé dès le début de l'année 2026.
L’exécutif belge dispose donc de très peu de temps pour parvenir à un accord avec un autre exploitant. Selon nos informations, le gouvernement chercherait à monter une joint-venture avec EDF, qui détient déjà 50 % de cette centrale à travers sa filiale EDF Belgium. Contacté par la rédaction, EDF ne fait pas de commentaire. Mais selon un bon connaisseur du dossier, l’électricien tricolore ne s’interdit pas d’étudier les demandes du gouvernement. « Ce qui sera déterminant pour EDF, c’est la rentabilité de l’opération, si cela permet de dégager du cash-flow ou non », rapporte-t-on. Pour le groupe français 100 % public, la prise en charge par l’État belge du coût des travaux nécessaires à toute prolongation apparaît donc comme indispensable.