Le maire (divers droite) de Toulouse et président de Toulouse Métropole vient d’être élu président de l’association d’élus France urbaine. Jean-Luc Moudenc a déjà pris contact avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre des Comptes publics, David Amiel, et le président du Sénat, Gérard Larcher.
LA TRIBUNE. Vous venez d’être élu président de l’association France urbaine. Quelles sont vos priorités ?
JEAN-LUC MOUDENC. Nous allons porter une parole forte et impulser une nouvelle dynamique. Il devient urgent pour les grandes villes et les métropoles de se faire entendre. Lorsque l’État envisage des réformes ou attribue des nouvelles compétences aux collectivités territoriales, il a rarement le réflexe de se tourner vers les territoires urbains, auxquels toute leur place doit être redonnée dans le débat national. Aussi, dans le cadre du projet de loi de finances 2027, j’ai déjà pris contact avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre des Comptes publics David Amiel et le président du Sénat Gérard Larcher.
Que vous ont-ils promis ?
Nous avons convenu qu’ils recevraient, chacun, une délégation de France urbaine en juin, voire en juillet. L’objectif est d’éviter que l’injustice du budget 2026 ne se reproduise. Plus de 50 % de l’effort financier imposé aux collectivités pèse sur nos intercommunalités alors qu’elles ne représentent que 20 % de la masse budgétaire consolidée ! Nous avons aussi remarqué qu’un certain nombre de lois ne figuraient pas encore à l’ordre du jour parlementaire du prochain semestre alors qu’elles nous concernent.
Le projet de loi sur les polices municipales a été voté par le Sénat et travaillé en commission par l’Assemblée nationale, mais le texte n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour. Idem avec le projet de loi-cadre sur les transports. Le texte de relance du logement est prévu pour le 17 juin en Conseil des ministres mais n’est toujours pas annoncé au Sénat. Nous allons donc monter au créneau pour que le gouvernement traite de ces sujets et que le Parlement s’en empare.
Nous sommes attachés à l’ANRU car elle a déjà fait ses preuves. Son président Patrice Vergriete, maire (divers gauche) de Dunkerque, est l’un de nos membres et vient de rejoindre le bureau de l’association pour justement suivre toutes ces questions relatives à la politique de la ville. Nous aurons à nous exprimer là-dessus le moment venu.
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Le président de la République a réuni, ce mardi, «l’équipe de France de l’électrification». Quelles solutions peuvent apporter les grandes villes et les métropoles à la crise énergétique ?
Nos grands ensembles urbains sont les mieux armés et les plus dynamiques en matière de transition écologique et énergétique. C’est là où il y a le plus de projets et le plus grand nombre d’initiatives. L’État devrait davantage s’appuyer sur nous pour le seconder et mettre en œuvre ses objectifs de décarbonation.
L’industrie doit, elle aussi, se décarboner et s’électrifier. Comment travaillez-vous à la réindustrialisation ?
Nous voulons bien contribuer à l’équilibre des comptes de la Nation mais, dans le cadre du budget 2027, nous allons nous battre pour que les coupes néfastes impactant les villes industrielles de la loi de finances 2026 soient supprimées. C’est une aberration qui doit être rectifiée. Si nous voulons que le pays se dote d’une véritable stratégie de réindustrialisation, il doit s’appuyer sur tous les territoires. Et particulièrement sur nos collectivités urbaines si nous voulons des résultats rapides.