D’un côté, un bras de la mer de Skagerrak. De l’autre, la forêt norvégienne à perte de vue. Mais au-delà de ce paysage de carte postale, la petite ville balnéaire d’Halden, à la pointe sud-est du pays nordique, est surtout flanquée de deux tours qui dominent son paysage. Avec près de 153 mètres de haut, pour la plus récente des deux, « il s’agit du plus haut bâtiment de Norvège », souligne fièrement le patron français des lieux, Bruno Daguet. Ces deux gratte-ciels sont, ni plus, ni moins, des usines verticales.
Bruno Daguet est depuis trois mois à la tête du site appartenant au groupe français Nexans. « C’est une implantation très stratégique pour nous », insiste Pascal Radue, vice-président de l’entreprise et à la tête de sa division Power Transmission.
Avec près de 1 000 collaborateurs, cette usine figure comme la plus importante du spécialiste de l’électrification via la conception et la production de câbles. Surtout, ce site - qui vient de faire l’objet d’une extension de 34 000 mètres carrés – dispose d’un savoir-faire unique : il est spécialisé dans la fabrication de câbles sous-marins. Des infrastructures de plus en plus stratégiques, dans un contexte géopolitique instable.
Dans l’usine d’Halden, les équipements produits servent tout d’abord à assurer aux parcs éoliens offshore une connexion avec le réseau électrique terrestre, technologie dite CCHT (courant continu haute tension). Nexans fabrique aussi en Norvège des câbles sous-marins pour permettre la connexion énergétique entre deux pays, ou territoires, dans un souci de favoriser la résilience du réseau électrique global (câbles CAHT, pour courant alternatif haute tension). Deux technologies très demandées.