Alors que les dispositions de la loi Pacte du 22 mai 2019 doivent permettre que 10 % du capital social des sociétés soit détenu par les salariés à l'horizon 2030, certaines entreprises n'ont pas attendu cette échéance pour se lancer dans l'actionnariat salarié.
Parmi elles, Ceva Santé Animale, à Libourne (Gironde) fait figure de pionnière. L'entreprise, initialement dans le giron du groupe Sanofi puis reprise par d'anciens cadres en 1999, a décidé d'ouvrir son capital aux salariés il y a plus de 20 ans dans une optique de pérennisation et d'indépendance de l'entreprise.
Dans le détail, 1.300 des 6.500 salariés sont aujourd'hui actionnaires de Ceva au travers du fonds commun de placement d'entreprise (FCPE). Un actionnariat sur invitation et sans obligation a également été mis en place. Ainsi, 1.000 salariés investissent sur leurs fonds propres ou par un emprunt bancaire, 50 % étant à l'étranger et 50 % en France. "En cumulant l'ensemble, cela représente 1.800 salariés dont 500 à l'étranger", détaille Marc Pikazsky qui précise par ailleurs être soutenu par un noyau de fidèles investisseurs au travers des "Amis de Ceva". "De mon point de vue, c'est un montage d'avenir. Il est sain d'aligner les intérêts de cette façon. Alors que nous sommes passés tout près de la mort, nous avons fait ce choix et cela fonctionne très bien. Cela permet dans le même temps une meilleure compréhension des contraintes économiques des salariés", reconnaît Marc Prikazsky.