Le chinois Leapmotor vise 8 000 ventes en France en 2026 grâce au réseau… Stellantis
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« Nous avons vendu 2 000 voitures sur six mois dans 126 points de vente », affirme Raphaëlle Holderith, directrice de Leapmotor France. « Nous visons les 4 000 sur l’année à travers 130 points de vente avec un objectif de 8 000 », en 2026-2027, précise la dirigeante lors d’une rencontre avec La Tribune. Un bon début pour une marque chinoise quasi inconnue il y a un an encore. Et la firme vise carrément « 400 000 ventes en 2030 » sur le Vieux Continent, indique Tianshu Xin, PDG de Leapmotor International.
Objectif délirant ? Jusque-là, Leapmotor était exclusivement un petit constructeur chinois présent seulement en Chine avec 144 155 ventes en 2023, 250 000 environ l’an dernier. Mais son avantage décisif est désormais de s’adosser à… Stellantis. C’est en octobre 2023 que Carlos Tavares, ex-directeur général de Stellantis, avait annoncé un investissement de près de 1,5 milliard d’euros pour l’acquisition d’environ 21 % du capital de Leapmotor. Mais le pilier essentiel de ce rapprochement était la création d’une société commune, Leapmotor International, basée à Amsterdam et contrôlée cette fois à 51 % par Stellantis. Cette coentreprise s’occupe des ventes hors de Chine. « Les gens de Leapmotor géreront l’activité en Chine et nous consoliderons dans nos comptes leurs exportations », expliquait alors Carlos Tavares, pourtant le plus méfiant à l’égard de la Chine des dirigeants automobiles, lors de la création de Leapmotor International au printemps 2024.
L’ancien patron se défendait de faciliter l’invasion du marché européen par les constructeurs chinois de voitures électriques. À l’entendre, Stellantis n’était « pas un cheval de Troie » car la prise de participation du groupe franco-italo-américain chez Leapmotor lui permettait de « conserver le contrôle de ses exportations ». De la sorte, « Stellantis contribue pour son propre bénéfice à la hausse des exportations vers l’Europe de Leapmotor, et cela fait toute la différence ».
Échaudé car il espérait obtenir un bonus écologique, qu’il n’a pas eu car ses voitures sont produites en Chine et rattrapé par des droits de douane qui se montent à 30 % à l’entrée en Europe, Leapmotor se distingue malgré tout par ses tarifs. La mini-citadine T03, qui représente 80 % des ventes de la marque dans l’Hexagone, est proposée, pour une électrique, au prix de 16 900 euros, ou 139 euros par mois sans apport. Les clients ? « Des jeunes à qui leurs parents achètent une voiture, des foyers multimotorisés et même des personnes âgées séduites par le prix et la facilité d’utilisation », assure Raphaëlle Holderith. Les modèles repris en échange sont des « Renault Twingo, Citroën C1, Peugeot 108 », c’est-à-dire des mini-voitures à essence d’un certain âge. Leapmotor commence aussi à livrer des flottes pour des « infirmières, sages femmes, services à la personne, agences immobilières », insiste la dirigeante.
Les points forts de Leapmotor ? « La technologie, l’accessibilité, la rapidité, un réseau étendu, des pièces disponibles pour les clients », résume Tianshu Xin. Le réseau est en effet celui de Stellantis. Un avantage comparatif par rapport aux autres marques chinoises en Europe. Leapmotor dispose désormais de plus de 400 points de vente sur treize marchés. La firme utiliser aussi le système de livraison de pièces détachées Distrigo du groupe franco-italo-américain. « Ça permet une livraison de pièces en 24 heures pour 98 % d’entre elles », promet Raphaëlle Holderith. Le dépôt de pièces est situé en Italie, sur un ancien site Fiat.
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Le constructeur a tout un programme de nouveautés prévues. Il va commercialiser un SUV compact électrique B10 en octobre prochain et une version hybride rechargeable (extension d’autonomie) en avril 2026. Là aussi, les prix sont bas : 28 400 euros au lancement pour la version électrique, ou 330 euros sans apport par mois. Un SUV Peugeot 3008 zéro émission vaut pour sa part 43 590 euros au bas mot ! La marque chinoise lancera aussi en juin prochain des petites voitures, une berline et un SUV, qu’elle affirme concurrents des Citroën C3 et C3 Aircross.
Mais, gare à la concurrence interne chez Stellantis. Et ce, d’autant que la marque compte produire en Europe, dans une usine du groupe, dès le second semestre prochain.
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