LA TRIBUNE - Vous avez officiellement lancé cette semaine le projet du CERMAD, un « centre d’Excellence et de Recherche sur les Maladies d’Alzheimer et Neurodégénératives » à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Pourquoi un tel projet ?
La découverte des biomarqueurs depuis une quinzaine d’années a été une révolution pour l’étude des maladies neurodégénératives du cerveau (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques…). Ces biomarqueurs nous permettent d’établir la présence des lésions du cerveau du vivant des patients. On peut ainsi progresser dans la connaissance de ces maladies, dans leur prévention et leur traitement en étudiant directement les patients. Le projet est donc de créer un bâtiment hospitalier dédié à la recherche chez le patient. Implanté à la Salpêtrière, hôpital mondialement reconnu en neurologie, le CERMAD est à l’interface entre les services cliniques (Institut de Neurologie et Institut de la Mémoire - l’IM2A), où sont hospitalisés les malades pour la prise en soin, et l’Institut du Cerveau (ICM), centre de recherche fondamentale. C’était le « chaînon manquant ».
Concrètement, comment fonctionnera ce centre ?
Il sera constitué de trois pôles répartis sur trois étages. Le premier servira à l’accueil d’un grand nombre de sujets, malades au stade tout débutant, sujets à risque ou sujets inclus dans des cohortes de recherche afin de recueillir un maximum de données cliniques, cognitives, biologiques, génétiques, d’imagerie, mais aussi style de vie, données digitales etc... Ces bases de données seront ensuite analysées au deuxième étage par des data-scientistes pour élaborer des algorithmes de prédiction, d’évolution et de réponse thérapeutique. Enfin, le troisième pôle d'essais thérapeutiques étudiera l’efficacité des traitements actuellement en développement pour les personnes à risque.