L'Assemblée nationale a rejeté en bloc, jeudi 13 novembre, la mesure du gouvernement inscrite au projet de loi de finances qui prévoyait la transformation de l'abattement de 10 % des retraités en un abattement forfaitaire.
Nouveau revers pour le gouvernement. Après avoir rejeté le gel des prestations sociales et des pensions de retraite, mercredi 12 novembre, en début de soirée, lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, les députés ont balayé, jeudi 13 novembre, avant 10 heures, l’article 6 du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 qui prévoyait la transformation de l’abattement de 10 % bénéficiant aux retraités en un abattement forfaitaire de 2 000 euros.
L’Hémicycle a fait bloc contre cette réforme gouvernementale jugée stigmatisante à l’endroit des retraités par un grand nombre de parlementaires. Et le résultat du vote a été sans appel : 213 voix pour, 17 contre et 3 abstentions sur l’amendement porté par la députée Les Républicains, Alexandra Martin, visant à supprimer la mesure. Des amendements similaires proposés par La France insoumise (LFI), le Rassemblement national (RN) et les Écologistes ont aussi, logiquement, été adoptés.
Sans surprise, le Rassemblement national (RN) n’a pas tergiversé pour mettre à la poubelle la proposition défendue par la ministre de l’Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin. « Aucun retraité n’a volé sa pension, les retraités ont cotisé, les retraités ont travaillé », a protesté le député Jean-Philippe Tanguy.
La gauche contre la réforme
De son côté, le député LFI Aurélien Le Coq a rappelé que « les retraités dans notre pays galèrent. Ils sont deux millions à vivre sous le seuil de pauvreté. Ils sont cinq millions à avoir des pensions inférieures à 1 000 euros et parmi ceux-ci 50 % sont des femmes ». À l’instar du RN, La France insoumise a fait barrage au gouvernement.
Sur les bancs de la gauche, le Parti socialiste (PS) – à l’exception notable de l’ancien macroniste Sacha Houlié, arrivé récemment dans le groupe de Boris Vallaud –, les Écologistes et la Gauche Démocrate et Républicaine ont tous approuvé la suppression de l’article 6 du PLF. « Les retraités ont cotisé toute leur vie, ils contribuent activement à la consommation, ils font souvent vivre nos associations (…). Toucher à leur pouvoir d’achat est à la fois un non-sens économique, mais c’est politiquement indigne », a dénoncé, avant le vote, la députée PS Estelle Mercier.
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