OPINION. « La bioéconomie dans notre vie quotidienne »
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Jessika Roswall, Commissaire européenne chargée de l'Environnement.
FL - REUTERS - Florence Lo
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Jessika Roswall, Commissaire européenne chargée de l'Environnement.
FL - REUTERS - Florence Lo
Par Jessika Roswall, Commissaire européenne chargée de l’Environnement, de la Résilience en matière d’eau et d’une Économie circulaire compétitive.
Imaginez un monde où tous les produits qui accompagnent notre vie au quotidien - du plastique et de la peinture aux vêtements et aux matériaux de construction - seraient issus de ressources naturelles renouvelables, biologiques et produites localement, et non de combustibles fossiles ?
Dans une maison isolée à l'aide de matériaux naturels, vous vous brosseriez les dents avec une brosse en bois et vous appliqueriez sur vos ongles un vernis à base d’algues. Vous iriez à pied au travail, chaussé de baskets en matières végétales, vous transporteriez votre repas dans un sac en plastique biosourcé et vous le mangeriez à l’aide d’une fourchette produite à partir de maïs. Pendant ce temps, les agriculteurs produiraient nos denrées alimentaires à l’aide d’engrais biologiques, nos usines fabriqueraient des emballages durables à base de chanvre et nos batteries seraient composées de pâte de bois. Chaque article et chaque matériau seraient aussi efficaces et fiables que les solutions à base de combustibles fossiles qu’ils remplacent et seraient le résultat d’une conception circulaire et respectueuse du climat.
Et si en accomplissant tout ça nous pouvions soutenir les communautés rurales, créer des emplois de qualité et de la croissance verte, tout en réduisant notre empreinte carbone ?
Eh bien, contrairement à ce que vous pourriez penser, nous ne sommes pas aussi loin d’y parvenir. Bienvenue dans la bioéconomie, une solution innovante à un problème d’origine fossile auquel nous devons remédier sans tarder. En 2023, la bioéconomie de l’UE a généré 863 milliards d’euros, soit 5 % du PIB de l’UE, et soutenu plus de 17 millions d’emplois. Mais elle a les moyens de faire beaucoup plus encore.
Propulsée par la science et l’innovation, s'appuyant sur ses propres ressources naturelles et matières premières et soutenue par son marché unique, l’UE est bien placée pour prendre la tête de la bioéconomie au niveau mondial. Plus des deux tiers des États membres de l’UE se sont engagés à mettre en œuvre des stratégies nationales en matière de bioéconomie. La France a adopté une stratégie consacrée à ce sujet en 2017. Nous voulons stimuler d'autres percées afin de passer de l’innovation à la croissance.
La nouvelle stratégie de l’UE pour la bioéconomie vise à dynamiser cette croissance. Nous collaborerons avec les agriculteurs, les exploitants forestiers et d’autres petites entreprises pour raccourcir le parcours qui mène du laboratoire au marché et transformer les idées en réalité industrielle. La stratégie permettra de créer un écosystème financier solide, combinant investissements publics et privés. Et elle apportera de la clarté réglementaire, en instaurant des règles simples et cohérentes qui accéléreront les procédures d’approbation des solutions innovantes.
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L’Europe doit cultiver les secteurs de la bioéconomie qui présentent le plus grand potentiel d’expansion économique et le plus d’avantages pour l’environnement. Mais cette croissance doit être inspirée par un engagement ferme en faveur de la durabilité. Les forêts, les sols et les autres écosystèmes européens doivent être gérés avec sagesse et dans le respect des limites écologiques. Il nous faut conjuguer croissance verte et avenir durable, ce qui signifie que la bioéconomie doit contribuer à lutter contre la perte de biodiversité et la pollution.
Nous devons aussi accorder une attention particulière à la circularité et nous efforcer de mieux employer la biomasse résiduelle, comme les déchets organiques ou les résidus agricoles, tels que la paille de céréales ou la sciure de bois. Au lieu d’être déversés, ces déchets et résidus peuvent servir à fertiliser nos cultures et à nourrir nos animaux ou entrer dans la composition de biomatériaux. Nous pouvons faire de ces déchets une richesse et aider l’Europe à produire plus de valeur avec moins de ressources primaires.
La bioéconomie peut stimuler la prospérité européenne et renforcer son avantage concurrentiel. Elle contribuera aussi à réduire notre dépendance à l’égard de chaînes d’approvisionnement mondiales vulnérables et d’autres pays fournisseurs de matières premières.
Il s’agit, à mon sens, d’un pilier essentiel du projet européen visant à construire une autonomie stratégique et à lutter contre le changement climatique; un investissement à l’échelle de la société dans nos communautés et nos régions rurales, dans notre environnement et nos écosystèmes et, plus important encore, dans notre avenir. Songez-y tout au long de cette journée, que vous passerez entouré d’innombrables produits d’origine fossile. Et imaginez une Europe plus propre, plus durable et plus résiliente.
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