OPINION. Pour une tech plus inclusive, et donc plus forte
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Henri Verdier.
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Chacun sait en France que les études supérieures de la tech et les métiers de la tech ne sont pas assez féminisés. En revanche, peu d’entre de gens savent pourquoi c’est réellement grave et qu’il s’agit d’en faire une cause majeure pour laquelle se mobiliser.
Les inégalités entre femmes et hommes ne sont pas seulement une violence intolérable. Ce sont des structures profondes qui façonnent les trajectoires professionnelles, les relations de pouvoir, et les mécanismes mêmes de production de connaissance et de richesse. On le voit avec éclat dans la tech : l'un des secteurs les plus puissants de transformation sociale et économique est aussi le lieu de la reproduction durable de ces inégalités. À ce titre, la défense des droits des femmes passe par la réappropriation de leur juste place dans la tech.
Les chiffres sont têtus. Les femmes ne représentent qu'environ un quart des emplois technologiques en France. Elles sont moins de 20 % dans les postes de direction des start-up les plus prometteuses. Les équipes exclusivement masculines captent l'essentiel des financements en capital-risque. Ces chiffres sont stables depuis plusieurs années. Ce qui signifie que les efforts engagés, réels et sincères, n'ont pas encore produit le basculement structurel nécessaire.
Ce n'est pas, rappelons le, une question d'aptitude. L'Académie des sciences l'a établi rigoureusement : les filles réussissent aussi bien que les garçons en mathématiques au collège. Année après année, sont les représentations, les stéréotypes intériorisés et les environnements scolaires et professionnels, qui découragent, érodent les vocations, excluent. De la salle de classe au bureau d'études, le Haut Conseil à l'Égalité a nommé ce mécanisme avec précision : « le cercle vicieux du sexisme ».
La coalition TechPourToutes a pour mission de construire un changement d’échelle. Les professionnels et professionnelles qui s’engagent peuvent dès aujourd’hui proposer partout en France des stages dédiés aux lycéennes, du mentorat, ou financer des bourses via du mécénat. En agissant pour transformer les pratiques, en faisant évoluer les cultures d’entreprise, les pro de la tech témoignent que l’inclusion n’est pas seulement une exigence éthique, mais un levier de performance et d’innovation pour toute la société.
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