Cette saison, les maisons joaillières s’inspirent du renouveau de la nature. Leurs collections célèbrent la profusion des couleurs, la fragilité de l’élégance et le retour de l’énergie.
Un collier comme un chapelet de graines imaginé en Grèce 300 ans avant notre ère, un pendentif romain fait d’or et de pierres gemmes en forme de papillon au Ier siècle… Ces pièces, parmi les plus rares du British Museum, sont aussi le témoin précieux du rapport entre le bijou et le renouveau de la nature.
« Le printemps a toujours été une source d’inspiration pour les joailliers, précise Vincent Meylan, spécialiste de la joaillerie et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. La Renaissance a consacré l’exubérance de la couleur; le XVIIIe, l’éclosion des fleurs; les années 1860, l’émergence des joailliers naturalistes. À nouveau, la nature fait son grand retour dans les créations contemporaines. »
Cette saison en effet, les marques joaillières déclinent à l’unisson ce désir de naturel, à commencer par une profusion de couleurs. La maison Cartier enrichit sa bague Clash en or rose et agate teintée rouge ou verte, de calcédoine rose ou d’onyx.
Tout aussi créative, la maison Pomellato célèbre les 25 ans de sa collection Nudo avec des alliances inédites. L’or rose et blanc du collier Nudo Rivière sert d’écrin à un bouquet de topazes bleues et London Blue. Les bagues et pendentifs s’ornent d’une prasiolite aux nuances de mousse qui, superposée à l’agate vert profond, crée une troisième teinte auréolée de diamants blancs
Chaque printemps montre la fragilité de la nature mais aussi sa résilience.
Sophie Bouilhet-Dumas de la maison de joaillerie Mira Stella
Un sacre de la couleur qui illumine la collection Color Blossom chez Vuitton où les trois fleurs inspirées du célèbre monogramme se déploient en pendentif, sautoir, bague ou bracelet, avec des variations autour de la nacre, de la cornaline, de l’onyx et de la sodalite, une pierre au bleu marine intense.
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Liberté et vitalité de la nature
Pour la collection Diorette, la créatrice Victoire de Castellane a transposé les prairies de printemps en version joaillière, associant or et laque pour symboliser la marguerite, le trèfle ou la coccinelle, montés sur de fines chaînes en or jaune, rose ou un rang de perles.
Plus proche encore d’une nature libre, Sophie Bouilhet-Dumas a imaginé Mira Stella, sa maison de joaillerie, en créant son propre jardin. « Chaque printemps montre la fragilité de la nature mais aussi sa résilience. Issue d’une dynastie d’orfèvres, j’ai eu envie d’encapsuler cette beauté. Porter mes bijoux, c’est porter avec soi un discret fragment de l’histoire du vivant. »
Ces créations sont réalisées chez un maître joaillier qui utilise une technique de la fonte à cire perdue pour reproduire, comme par magie, la délicatesse d’une nervure, sublimée par l’or rose 18 carats. Parmi ses best-sellers, un sautoir émaillé de pétales qui restitue le mouvement naturel d’une fleur d’hortensia japonais ou ces graines d’arroche qui illuminent bracelet et boucles d’oreilles, l’enveloppe du bijou dévoilant le renflement de la graine, promesse de vie.
Cette vitalité est au cœur des créations de la maison Van Cleef & Arpels qui consacrent à nouveau le papillon, motif historique depuis 1906. Pour la collection Lucky Spring, celui-ci s’invite dans une alliance d’agate bleue et de lapis-lazuli soulignée d’un contour perlé, le tout avec cinq créations en or jaune : sautoir, bracelet 5 motifs, clip, bague Entre les Doigts et boucles d’oreilles.
Tout aussi spectaculaire, la maison Chaumet s’enrichit de pièces inédites autour de l’abeille, explique Olga Corsini, sa directrice de création : « Dès les années 1780, la maison a fait de l’abeille l’une de ses figures emblématiques. Notre collection Bee la décline avec l’abeille elle-même ou, dans un esprit plus géométrique, avec une représentation de l’alvéole, notamment pour une bague qui habille toute la main, mêlant or poli miroir, pavage et diamants sertis clos qui font dialoguer jeux de lumière et de mouvement. »
Une ode au mouvement et à la fluidité
Le mouvement, autre symbole de ce renouveau… La collection Coco Crush célèbre ses 10 ans en sacralisant la souplesse chère à Gabrielle Chanel, qui l’avait érigée en manifeste. Paré d’une attache coulissante, un collier court dévoile une plasticité inédite, semblant épouser la peau, décliné en or beige, jaune ou blanc et diamants.
Ode au mouvement, la collection de bijoux Double Tour de la maison Hermès propose bracelets, colliers et bagues dont les deux tours s’enroulent sur le corps. Des pièces qui vont jusqu’à incorporer le mouvement, explique Pierre Hardy, directeur de la création de la bijouterie Hermès : « Ces bijoux vont au-delà d’un vocabulaire formel, ce sont des gestes, des attitudes. »
C’est l’une des pièces les plus iconiques de la maison Boucheron, et sans doute le plus parfait témoin de son histoire. Tout commence par le Double Godron, cet élément architectural en forme de cannelure qui apparaît en 1858 dans les collections Boucheron.
S’y ajoute le motif Grosgrain, qui rappelle ce tissu de soie côtelé en vogue au XIXe siècle, puis cette ligne de diamants apparue dans les créations de la maison en 1893, suivie par le Clou de Paris, référence aux pavés de la place Vendôme. Cette grammaire est la matrice des quatre anneaux de la bague Quatre, qui se réinvente avec la Quatre XS. Une version mini, plus fine, plus légère mais tout aussi précieuse, déclinée en or jaune, rose et blanc.
Les inconditionnels plébisciteront aussi le bracelet Quatre Black Edition S, réinterprétation tout aussi fidèle à l’esthétique de la collection.