Aux manettes de « La Grande Dictée » ce mercredi 22 avril sur France 5, le journaliste Augustin Trapenard se confie sur son amour de l’orthographe.
Faire de la dictée un jeu ! C’est le pari d’Augustin Trapenard, qui anime pour la troisième année d’affilée La Grande Dictée, mercredi 22 avril au soir sur France 5, dans la case de La Grande Librairie. « L’aspect ludique est primordial, c’est comme un jeu de société où l’on s’amuse tous ensemble, confie-t-il. J’ai toujours été un partisan du gai savoir! Ce qu’on reproche beaucoup à la dictée, c’est son système de notation et cette façon de stigmatiser ceux qui ont fait trop de fautes ou ne savent pas conjuguer un verbe. »
« Ici, poursuit-il, les participants viennent simplement se défier eux-mêmes et passer un bon moment. Lors des précédentes éditions, j’ai été marqué par l’éclectisme des personnes présentes dans la salle et la joie qu’elles avaient à s’interroger sur la grammaire, la syntaxe ou des mots très techniques. C’est une célébration de notre langue française. »
Organisée dans le cadre du Festival du livre de Paris et enregistrée au Palais de la Découverte, cette soirée sera articulée autour de trois textes inédits lus à la tribune par leurs auteurs. Avec à la plume Bernard Werber pour la dictée des enfants (« Niveau CE2 », précise Augustin Trapenard), Adélaïde de Clermont-Tonnerre pour celle des adolescents jusqu’à la terminale, et Nathacha Appanah chargée de concocter la version adulte. « Nous avons choisi cette année la thématique du voyage », explique Augustin Trapenard qui sera épaulé par Selene Godoy, créatrice de contenus spécialisée dans la littérature et la linguistique.
Pour le plaisir des mots
Comme lors de chaque édition de cette Grande Dictée, une ombre planera, celle de Bernard Pivot. « Je dirais plutôt la lumière, glisse Augustin Trapenard. On essaie de perpétuer cette grande tradition qui a marqué tant de Français. Moi le premier. À la maison, les seules émissions que j’avais le droit de regarder étaient Bouillon de culture et Apostrophes. Chaque année, on faisait en famille sa dictée. Ma mère était professeure d’histoire-géographie, j’ai eu la chance de grandir dans un milieu où le livre avait beaucoup d’importance. »
Avec à la clé une véritable gourmandise pour l’orthographe. « J’ai un assez bon niveau, euphémise-t-il. L’orthographe se mesure à la quantité de livres qu’on lit, or c’est mon métier. Je suis heurté par les fautes, ça fait partie des choses que je vérifie le plus chaque jour. À l’inverse, je suis très sensible aux messages qui n’en comportent pas, je trouve ça très séduisant dans une relation amoureuse, par exemple. »
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Alors que les jeunes de 7 à 19 ans consacrent 18 minutes par jour à la lecture en moyenne, contre 3 h 01 aux écrans – selon une étude publiée cette semaine par le Centre national du livre –, comment faire pour renverser la vapeur ? « Je me méfie des discours déclinistes et de la stigmatisation systématique des jeunes générations, glisse Augustin Trapenard. Certaines chaînes de télévision s’en chargent à longueur de journée. »
« Je pense que la dictée, quand elle est proposée de manière amusante, est un exercice à réhabiliter. Il s’agit d’une exception française, qui s’est exportée dans d’autres pays comme les États-Unis. Chez eux, pendant longtemps, on ne faisait qu’épeler les mots. En France, nous avons un goût du texte littéraire, nous aimons inscrire un mot dans un contexte. »
📺 La Grande Dictée, présentée par Augustin Trapenard et Selene Godoy, mercredi 22 avril à 21 h 05 sur France 5.