Augustin Trapenard : « J’ai aujourd’hui une mission de service public : transmettre du plaisir, de la jouissance »
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À Paris, le 29 septembre 2025.
© LTD/Denis ALLARD/Leextra pour LA TRIBUNE DIMANCHE
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À Paris, le 29 septembre 2025.
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Journaliste culturel issu d’une famille d’Auvergnats, normalien et agrégé d’anglais, Augustin Trapenard aime mieux écouter que parler de lui. Pourtant, il se raconte. Une voix douce traversée d’élans poétiques, des yeux qui s’évadent.
De France Inter à RTL, du Grand Journal à La Grande Librairie, il a tracé sa route. Mais ses véritables compagnons restent Solal ou Jean Valjean, personnages refuges qui l’entraînent loin d’un milieu littéraire qu’il juge « trop cruel ».
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous avez la parole assez libre mais accordez très peu d’interviews à la presse écrite. Pourquoi ?
AUGUSTIN TRAPENARD — La titraille m’angoisse. Aujourd’hui, on lit un titre, pas un article. La pensée se réduit et la complexité disparaît. C’est précisément pour cela que je défends le direct, pour éviter le montage, préserver la valeur de la parole. Dans un monde d’effervescence, d’accélération – je parle parfois d’« épilepsie du monde » –, qu’y a-t-il de plus dissident que la littérature ? Elle seule offre le temps long, la nuance, la densité des mots.
Vos bras portent des tatouages qui semblent graver votre lien aux mots…
Ce sont des citations que je veux garder à vie. Dans ma famille, la maladie d’Alzheimer circule. Alors, tatouer ces mots, c’est ma manière de ne pas oublier ce qui m’a construit.
Sans la littérature, vous étiez complètement inadapté au monde ?
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J’ai toujours eu le sentiment d’être en décalage, pour des raisons sociales, familiales, pour ces petites dissidences qui naissent quand on n’entre pas tout à fait dans le moule. La littérature a été ma béquille. Elle m’a permis de me lever, d’être debout, d’imaginer d’autres vies que la mienne, d’autres lieux, d’autres temps, d’autres idées auxquelles me confronter. C’est une richesse inouïe. Dans ma famille, le livre a une place capitale. J’ai grandi entouré de mots, bercé par eux.
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