Laurent Delahousse : « Le service public, c’est une maison commune »
Propos recueillis par Rémi Jacob
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« La Tribune Dimanche » a rencontré Laurent Delahousse.
LTD/Odieux Boby
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« La Tribune Dimanche » a rencontré Laurent Delahousse.
LTD/Odieux Boby
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment accueillez-vous ce résultat ?
LAURENT DELAHOUSSE — Cela me touche, d’autant que je sais que ça fera plaisir à mes équipes et à certaines personnes de ma famille qui s’interrogent sur ce tourbillon permanent dans lequel je suis. J’ai beaucoup de chance d’avoir cette écoute du public. On a vécu ensemble des moments très rudes, comme le Covid, les attentats, la violence croissante du débat public, mais également des moments de joie à l’image de la cérémonie des JO. Je les remercie d’être à mes côtés. Nous tentons depuis plus de quinze ans de proposer aux téléspectateurs des sujets sincères et audacieux. En même temps, vous savez, je n’ai jamais vraiment aimé les classements, sauf en sport peut-être. Et encore, j’ai plutôt une passion pour les outsiders, les challengers et les « perdants magnifiques » !
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Quelles sont selon vous les spécificités du service public audiovisuel ?
C’est d’abord la responsabilité, la liberté et la nuance. Savoir écouter les préoccupations des Français dans leur diversité, mais également leur proposer parfois de sortir de leur zone de confort. Les surprendre, les interroger, mais ne jamais leur imposer des certitudes. Vous n’imaginez pas les heures et les heures de travail avec mes équipes pour faire aboutir des projets exigeants. Nous ne choisissons pas à qui nous nous adressons, nous nous adressons à tout le monde. C’est une mission aujourd’hui plus complexe qu’on ne le croit à l’époque où nous vivons. Car nous avons en face de nous des médias numériques qui, avec leurs algorithmes, habituent le public à s’enfermer dans une seule vision, un seul point de vue.
Propos recueillis par Rémi Jacob