La chronique de François Simon. L'Embuscade à Magny

Cette semaine, François Simon a testé L'Embuscade, à Magny.
LTD/DR

Cette semaine, François Simon a testé L'Embuscade, à Magny.
LTD/DR
Le business des Miles, moteur insoupçonné de la rentabilité d’Air France-KLM
« Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Sabah Abouessalam-Morin : « À Edgar Morin, l’homme de ma vie »
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
La route chemine. Et vous de même. Il y avait naguère la nationale 6. Un beau jour, elle fut « départementalisée » en D606. C’est ainsi que l’on glisse d’une époque à une autre. Et vice versa. Entendons-nous : parfois, en sinuant de route en route, de départementales en communales, de communales en vicinales, on passe, mine de rien, en d’autres atmosphères ; d’autres climats.
À Magny, village de 900 habitants, en pays avallonnais (Yonne) à cinq minutes de l’autoroute A6, se tient ce bureau de tabac, bureau de poste, Française des jeux, dépôt de pain, café-restaurant. Lorsque vous poussez la porte, vous basculez immédiatement dans un autre temps. Celui-ci devait être plus clément, amical, rigolard.
L’apéritif se prend au bar, la porte de la cuisine est grande ouverte et tout de suite vous pressentez qu’il s’y trame quelque chose. De la passion simple pour la cuisine. La patronne, Sandrine, que tout le monde appelle « Boubou », en est une amoureuse. Elle prépare des tourtes, des tartes, des feuilletages, des quiches ; s’embarque dans des recettes sioux style poulet Gaston Gérard (1878-1969).
Cette recette fut créée lorsque le prince des gastronomes, Curnonsky, s’en vint dîner chez l’édile local. Bien entendu, Gaston était à table. C’est donc son épouse, Pierrette, qui se cogna le plat principal. Pensant améliorer la volaille déjà dorlotée de comté et de crème fraîche, elle ajouta au dernier moment de la moutarde de Dijon, ce qui enthousiasma nos deux messieurs attablés. Boubou, elle, n’a pas besoin du prince des gastros.
À lire également
Les temps eux aussi ont changé : une vidéo sur YouTube d’Amo & Pajo a enthousiasmé le Web sans pour autant dénaturer l’esprit des lieux. Ces premiers jours d’hiver, au déjeuner, Boubou était à la casserole avec un menu désarmant de bonté : tarte à l'époisse (c’est à 10 kilomètres d’ici) avec une salade adorable (une vraie, travaillée avec bon sens : ciboulette, un peu d’oignon rouge, pfou !), puis notre poulet historique onctueux à souhait, enveloppant, avant de terminer sur une tarte à la semoule légère comme un air de printemps.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Il s’agit là d’une cuisine soignée, adorable, faite avec le cœur. Prix à la gloire de la bonté : 17 euros. Le coup de cœur de cette fin d’année.
ℹ️ 15, place de l’Église (Magny, Yonne). Pour le déjeuner seulement ; fermé le dimanche. Tél. : 03 86 46 78 93.
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche