Moyen « d'amorcer » la réduction du trafic automobile en complément des transports en commun, le covoiturage bénéficie de plusieurs outils dans l'agglomération lyonnaise : application mobile, lignes de covoiturage, voies dédiées... Et désormais, ce sont trois radars thermiques qui ont été installés le long de l'axe M6/M7 traversant Lyon par le tunnel de Fourvière afin de renforcer les contrôles, là où les résultats peinent encore à se faire ressentir.Dans l'arsenal d'outils contre la pollution de l'air à Lyon, la « Zone à faibles émissions mobilité » (ZFE-m) ne suffit pas. Alors que sur l'axe M6/M7, reliant l'autoroute A6 à l'A7 en passant par le tunnel de Fourvière et les quais de Saône, les véhicules comptent en moyenne 1,05 personne à leur bord (soit 5 véhicules transportant deux personnes sur 100), l'enjeu du covoiturage reste prégnant afin de réduire le trafic automobile.
Si les taux de particules fines et de dioxyde d'azote ont largement diminué depuis douze ans dans l'agglomération lyonnaise, certaines zones enregistrent encore des niveaux supérieurs à la réglementation. Aux abords du périphérique Laurent Bonnevay, le dioxyde d'azote, notamment émis par les véhicules diesel, dépasse ainsi encore la norme fixée aujourd'hui à 40 µg/m3 (ce sera 20 µg/m3 à partir de 2030). L'Organisation mondiale de la santé recommande, pour sa part, de ne pas dépasser les 10 µg/m3.
Face à cet enjeu climatique et sanitaire (40.000 personnes décèdent chaque année en France en raison de la pollution de l'air), le covoiturage permet d'amorcer une réduction du trafic. « En passant à 1,3 personne en moyenne par véhicule (contre 1,05 personne aujourd'hui ndlr), on enlèverait déjà un quart des voitures de la route », nous précise Jean-Charles Kohlhaas, vice-président du Grand Lyon délégué aux mobilités et vice-président de Sytral Mobilités.
Dans certains cas, « cela peut-être aussi efficace qu'un transport lourd », complète Lize Hamon, chargée de mission mobilités pour la Communauté de communes de l'Est lyonnais. Cela, s'il est bien appliqué. Car les mesures sont encore lentes à produire des effets : « il y a eu peu d'évolution du covoiturage ces dernières années, mais cela s'accélère plutôt depuis 2023 », remarque ainsi Jean-Charles Kohlhaas. Notamment grâce à l'extension d'un ensemble de mesures.